Interview / Le mediaman, l'oeil de la Brest Atlantiques

Le Maxi Edmond de Rothschild © Yann Riou / polaRYSE / GITANA SA

Ronan Gladu est médiaman à bord d'Actual Leader, actuellement engagé sur la Brest Atlantiques, une boucle de 14 000 milles entre l'Atlantique Nord et l'Atlantique Sud. Il nous explique ses objectifs et la manière dont il compte faire vivre la course de l'intérieur.

Quel objectif sur cette Brest Atlantiques ?

"J'ai envie d'apporter quelque chose de plus. C'est une première d'embarquer un mediaman sur une course en Ultime aussi longue et sans escale." Ce fan de course au large est toujours frustré de ne pouvoir visionner que quelques images embarquées et de manière assez occasionnelle des courses qu'il suit. Il espère donc pouvoir raconter cette nouvelle aventure de mer et apporter son point de vue extérieur sur les marins qu'il suivra, Yves le Blévec et Alex Pella.

"Je veux faire vivre la course de l'intérieur, comme on ne l'a jamais vu. J'ai la chance d'être sur un bateau moins récent que les autres, que les gens connaissent déjà puisque c'est l'ancien Sodebo, et sur lequel il n'y a pas grand-chose à cacher. J'ai hâte de pouvoir faire ça !"

Car en effet, le plus grand secret règne en maitre absolu sur ce petit monde feutré de l'Ultime. Certains marins ne souhaitent pas qu'apparaissent sur les images les réglages de voile du moment, les éléments techniques du bateau ou encore taisent leurs galères potentielles.

"Armel le Cléac'h par exemple est muet comme une tombe pendant ses courses contrairement à un Alex Thomson qui va livrer des informations sur ces réglages… ça risque d'être un peu la même chose en Ultime, et le mediaman devra gérer avec ces principes."

Pour faire vivre la course au quotidien, Ronan a de nombreuses idées et souhaite s'inspirer de ces réalisations de Lost in the Swell. "J'ai plein d'idées ! Avec Lost in the Swell, je faisais de la voix off, et j'espère pouvoir faire ça. Sous quelle périodicité, c'est à définir, car ça prend du temps. J'aimerai potentiellement pouvoir transmettre la galère du jour, le petit bonheur du jour. Ça va vachement dépendre des performances et du moral à bord. Les jours où ils seront rincés et fatigués, je raconterai plutôt ma vie."

Comment sont transmises les images ?

Ronan réalisera ses montages à bord du trimaran et dispose de suffisamment de débit et de budget pour envoyer à terre ses réalisations. Car rappelons que la communication est l'un des gros postes budgétaires en mer et qu'il est géré en direct par chacun des teams.

"J'ai de la chance de ne pas avoir le mal de mer car les navigations sont souvent intenses. Lorsqu'on fait les montages, en fond de cale, en milieu bruyant et humide avec 5 à 8 m de houle et 38 nœuds au reaching, c'est sportif" s'amuse Ronan.

Si le choix du matériel embarqué est laissé libre, les réalisations ne le sont pas. "On doit envoyer 2 minutes d'images vidéo brutes, 5 photos et un texte de quelques caractères chaque jour."

Quelle manière de procéder ?

Si lors des shootings photos ou vidéos, il demande aux skippers de "jouer un rôle", ce ne sera pas le cas sur la Brest Atlantiques. "J'arrive à me faire petite souris et c'est un rôle que j'aime avoir. Je vais les mettre à contribution quand ils n'auront pas la tête farcie par les réglages et les routages, sinon je vais les laisser se concentrer et ne pas les déranger."

Quel rythme ?

Puisqu'il ne participe pas à la navigation, Ronan n'a pas besoin de s'infliger un rythme fixe. "Si j'ai envie, je peux passer mes nuits et mes jours à faire des siestes" rigole le jeune homme. Sauf qu'ils souhaitent faire des images du binôme et devra donc se caler sur le rythme de ces deux marins.  

Une formation spécifique ?

S'il a une formation d'informaticien, Ronan n'a jamais travaillé dans son domaine. Sa passion lui est venu d'un papa photographe et caméraman sous-marin qui lui a transmis ses techniques. "Il n'y a pas de formation, c'est un métier de niche. Si je compare aux autres mediaman, ils connaissent d'abord tous bien le milieu de la voile et ont avant tout le pied marin avant d'être caméraman. Moi c'est l'inverse, même si je n'ai pas le mal de mer et c'est une chance."

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Reportage : Le mediaman

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