Essai / Tribord 5S VS Optimist : Quel dériveur pour apprendre la voile en famille ?

Décathlon a sorti un dériveur gonflable d'initiation, le Tribord 5S. Face à ce bateau qui casse les codes, nous lui avons opposé la star des écoles de voile, le fameux Optimist. Pour apprendre et faire de la voile en famille lequel des deux choisir ?

Pourquoi comparer le Tribord 5S à l'Optimist ?

Le 5S vise un très large public, il est fonctionnel, accessible et économique. Grâce à ses arguments techniques et son prix très travaillé, un succès commercial attirerait de nombreux nouveaux voileux, ce qui serait une bonne nouvelle pour notre sport.

Face à lui, on n'ose plus présenter l'Optimist, c'est le bateau d'apprentissage par excellence, on en trouve dans toutes les écoles de voile. Quel marin n'a pas fait d'Optimist quand il était petit ?
C'est un dériveur plutôt simple, économique, et stable : des qualités indispensables pour enseigner la voile.

Avec sa diffusion internationale, l'Optimist est aussi la démonstration de la voile populaire et accessible. Depuis les années 50, cette petite coque de noix a entrainé dans son sillage toute une population de marins. Et cette population, de l'aveu de toutes les fédérations de voile, peine à se renouveler.

Ainsi, si l'on suppose que le Tribord 5S peut attirer une nouvelle génération et populariser ce sport, comparons le 5S au bateau par qui la génération actuelle est arrivée, l'Optimist. C'est le voilier le plus répandu au monde, le plus accessible et le plus économique, un vrai voilier populaire.

Deux bateaux pour débuter

Pour faire ses premiers pas en voile, l'Optimist et le Tribord 5S sont 2 dériveurs très simples et économiques. Un Optimist coutera entre 2000 € et 4000 € et le 5S est proposé en magasin à 2500 €.

Certes, l'Optimist est plutôt réservé à 1 ou 2 enfants, mais un adulte de taille moyenne y trouvera sa place et pourra prendre beaucoup de plaisir, si la mer est calme.

Quant au 5S qui est plus grand, il est plutôt conçu pour un adulte accompagné, mais sa facilité d'utilisation le destine aussi à un très jeune public en solo ou en double.

Préparation des bateaux

Si le Tribord 5S est rangé dans ses sacs, il faudra une demi-heure pour le préparer. S'il est déjà gonflé, en cinq minutes le gréement est en place. Sur les dérives, nous installons le petit essieu à roulette qui sert de chariot. Safran en place, nous sommes déjà prêts à rejoindre la plage.

Pour l'Optimist qui est stocké en extérieur depuis quelques semaines, un bon coup de nettoyage à l'éponge s'impose avant d'aller sur l'eau, au final la coque est prête en 15 minutes. On glisse le chariot de mise à l'eau sous l'Optimist et nous déposons safrans et dérive dans la coque de noix, et nous sommes aussi prêts à partir.

Nous mettons en place les gréements. Celui de l'Optimist, avec sa livarde, est plus complexe que la voile du 5S. Mais grâce à la modeste taille du mât, un enfant seul pourra gréer l'Optimist alors qu'il lui sera impossible de faire de même avec le Tribord 5S qui dispose d'un mât bien plus haut.

Mise à l'eau et départ de plage.

Nous mettons les dériveurs à l'eau, le premier constat, c'est qu'il faudra notablement s'éloigner de la plage pour installer le safran de l'Optimist. A contrario avec le 5S on peut monter à bord et manœuvrer avec de l'eau seulement à hauteur des mollets. C'est nettement plus pratique et convivial.

Et enfin, pour monter à bord de l'Optimist c'est une autre histoire. En embarquant avec de l'eau plus ou moins à hauteur des cuisses, le bateau prend un bon coup du gîte quand on monte à bord.

C'est comment "à bord" ?

Jusqu'à 85/90 kg de skippeur, le franc-bord de l'Opti sera suffisamment élevé pour naviguer en toute sécurité sur un plan d'eau calme. Et puis, en cas d'embarquement d'une petite vague, l'écope est à poste pour "vider" les fonds. Admettons que, une fois installé (coincé) à bord, on peut manquer d'amplitude dans les mouvements.

Le tribord 5S lui ne se pose pas le problème de l'envahissement d'eau puisqu'il est totalement ouvert à l'arrière. Sa coque, plate et très large, lui confère une stabilité hors norme. En outre, l'absence de dérive sabre au milieu du cockpit, laisse la place à une grande plate-forme pour manœuvrer ou s'installer confortablement.

Sur l'Optimist, en manœuvre, on fera comme pour les bambins, mais avec plus de raideur dans le dos. Il faudra baisser la tête à chaque virement de bord et aux empannages. Le 5S disposent d'une bôme nettement plus haute qui permet d'éviter de se contorsionner lors des manœuvres.

À la voile, c'est qui le plus fort ?

Certes, l'Optimist est une coque de noix parfaitement inconfortable pour un adulte, mais à peine la voile bordée le plaisir de l'enfance est retrouvé. On se plaît même à jouer de la contre-gîte au portant pour faire comme les champions en herbe. On s'amuse avec le vent, on le serre pour trouver la limite, on s'en éloigne pour accélérer. Grâce au faible tirant d'eau et à la manœuvrabilité, j'explore, au plus près de la berge, l'anse de Penfoulic, notre terrain de jeu du jour.

Mais j'ai bien du mal à rivaliser en vitesse avec la jeune skippeuse du Tribord 5S, qui avec ses 30 kg tout mouillés, me laisse littéralement sur place. J'ai peine à l'admettre, mais avec mon vielle Opti, je viens de me faire débarquer par la nouvelle génération sur l'étrange 5S.

On décide d'inverser les bateaux afin (de rétablir la hiérarchie familiale) de valider sans surprise que le 5S est bien plus spacieux et agréable pour un adulte.

À la barre

L'Optimist est extrêmement nerveux à la barre. Le profond safran est très réactif, il enverra le bateau en virement de bord à la moindre sollicitation. L'Optimist est très véloce, mais peut être trop d'ailleurs.

À bord du 5S, en naviguant vent de travers, assis à la bonne place et voile bien réglée, on peut filer tout droit. Chose impossible pour moi, qui suit assit tout l'arrière de l'Optimist ; dès que je lâche la barre, je me retrouve instantanément face au vent.

Quel dériveur pour les vacances en famille ?

À l'heure de choisir un bateau d'initiation pour la famille, l'issue du match donne son verdict.

Le 5S est fait pour un public de 7 à 77 ans, c'est une réussite de polyvalence. On peut naviguer en solo ou à plusieurs sans crainte majeure de surcharge. À bord, tout y est simple, évident et fonctionnel. En plus, il marche bien à la voile et donne des sensations de "glisse". Le prix de 2500 € place le 5S sur le podium des dériveurs les moins chers du marché. J'ajouterai que le 5S n'est pas spécialement un bateau d'enfants, mais qu'il s'y prête volontiers.

L'Opti, lui aussi, est l'archétype du dériveur polyvalent et économique, mais compte tenu de sa taille il reste réservé aux enfants. Même si un adulte peut l'utiliser de temps à autre, c'est de la voile vraiment très minimaliste. L'Opti est incontestablement le support d'enseignement idéal pour les enfants, mais c'est également un bateau de régate international. C'est le monotype de course le plus diffusé au monde, avec un niveau de compétition très élevé. Ces qualités font de l'Opti le meilleur bateau d'apprentissage en école de voile alors que le 5S est probablement un meilleur bateau d'apprentissage en famille.

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Lire le reportage : Essai Tribord 5S

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Optimist, la fiche technique

ArchitecteClark Mills
Longueur hors-tout2.34 m
Longueur de coque2.34
Largeur1.13 m
Déplacement lège42 kg
Voir la fiche technique complète du Optimist