Le Belem, du navire de commerce au yacht de luxe

Poupe du Belem © flickr.com/photos/jonathanv190/ & Fondation Belem

Voici la première partie de l'histoire du Belem, qui fut construit pour être utilisé comme navire de commerce et dont la 2ème vie lui permit de devenir yacht de luxe.

La naissance du Belem

Le Belem voit le jour en 1896, à la demande de Fernand Crouan, à la tête de la maison Denis Crouan Fils, armateurs à Nantes. La maison Crouan est spécialisée dans l'importation et l'exportation de chocolat et de sucre, en provenance des Antilles et de l'Amérique du Sud. Elle travaille notamment avec la chocolaterie Meunier. Le trois-mât barque à coque en acier est réalisé par Adolphe Dubigeon, ingénieur-constructeur, à la tête des chantiers navals Dubigeon, à Chantenay-sur-Loiret. Le chantier réalise un navire petit, élégant rapide et surtout robuste puisqu'il peut contenir un chargement de 675 tonnes mais son apparence s'apparente plus à un yacht qu'à un navire de commerce. C'est d'ailleurs ainsi qu'on le surnomme "yacht" de l'armement Crouan, sans penser qu'un jour il en sera un. Finalement, le Belem est construit en moins de 6 mois et lancé le 10 juin 1896. 13 hommes forment l'équipage de l'élégant navire et sa devise, inscriste sur sa proue est celle du Brésil "Ordem e Progresso" qui veut dire "Ordre et Progrès".

Son nom, Belem, lui est donné par son propriétaire, en hommage au port Brésilien, du même nom, où les Crouan ont fondé au début du 19eme siècle un comptoir commercial.

Un navire de commerce jusqu'en 1914

Ses campagnes ne sont pas de tout repos et dès le départ, il réchappe à un violent incendie à bord, au Brésil, où son chargement, composé de 115 mules, est entièrement brulé. De nouveau, le 8 mai 1902, l'éruption de la Montagne Pelée, dans le nord de la Martinique, détruit la ville et le port de St Pierre, ainsi que tous les bateaux de la rade et fait 30 000 morts. Seules deux personnes survivent. À cette époque, la ville de Saint-Pierre était la capitale commerciale de la Martinique et était surnommée "le Petit Paris des Antilles". Heureusement, le Belem était ancré dans une baie, en raison du manque de place dans le port de St Pierre. Dans le port, seul l'Orsoline décide de fuir malgré le règlement portuaire qui interdisait de lever l’ancre sans autorisation. Il sera le seul rescapé des bateaux qui se trouvaient en rade. 

Jusqu'en 1914, le Belem effectue des missions commerciales, au départ des Antilles et en destination de la France. Au départ il transporte des fèves de cacao d'Amazonie pour le compte du chocolatier Meunier. Par la suite il traversera l'Atlantique pour le compte de deux autres armateurs, transportant du rhum puis de la canne à sucre.

Avec le début de la Première Guerre mondiale, nombre de voiliers de commerce sont détruits, le Belem, surnommé le "petit Antillais" quitte la France et cesse son activité commerciale. Il va alors changer de vie et de carrière.

Une carrière de yacht et un tour du monde

En 1914, il est racheté par le Duc de Westminster, qui le transforme en un élégant yacht, équipé de moteurs, capable d'accueillir à son bord environ 40 personnes, équipage compris. La dunette est surélevée et ornée de balustres de style victorien. Deux pièces sont construites, le petit et le grand roof, qui viennent agrandir la réception du bateau. L'escalier à double révolution et les décors en acajou de Cuba sont toujours visibles actuellement.

En 1921, le Trois-Mâts change de propriétaire et de nom. Il est racheté par Sir Arthur Ernest Guiness, vice-président des brasseries et grand amateur de navigation, qui le nomme Fantôme II et passe sous pavillon britannique. L'idée est d'utiliser le Belem pour réaliser des croisières et notamment des voyages au long cours. Il réalisera d'ailleurs un tour du monde du 29 mars 1923 au 2 mars 1924, empruntant le Canal de Panama et le Canal de Suez.

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le navire est désarmé et séjourne à l'île de Wight pendant le conflit.

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