Amortisseur d'amarre, faites le bon choix

Les amortisseurs d'amarre limitent les à-coups et l'usure des cordages. Mais quel modèle adopter ? Petit tour des solutions actuelles.

Je me souviens d'une nuit, amarré au quai de Fornells à Minorque avec la houle qui entrait dans la baie. Les coups de boutoir étaient tellement forts que j'avais peur d'arracher les taquets de mon bateau ! Cette nuit-là j'aurais bien aimé avoir des amortisseurs sur mes amarres.

Installé sur chaque amarre, l'amortisseur est là pour atténuer les à-coups de la mer. Car c'est la houle qui cause plus de dégât que le vent. Même fort, ce dernier tend l'amarre, mais ne la fatigue pas (tant que l'on reste dans la plage d'utilisation du cordage et non proche de sa rupture…).

Les amortisseurs présentés ici fonctionnent au port, à quai, mais aussi au mouillage pour amortir la traction du bateau sur sa chaine d'ancre.

Des amarres en polyester

Avant de penser amortisseur, il faut commencer par s'équiper de bonnes amarres. Pour les voileux, ne pensez pas recycler vos vieilles drisses ou morceaux d'écoute en amarre. Ceux-ci sont raides comme la justice et ne rendent rien (justement pour les écoutes ou les drisses, on cherche des cordages qui n'offrent que très peu d'allongement).

Au contraire, une amarre doit être souple, élastique. Le Polyamide et le Polyester sont les deux matières qui offrent le meilleur allongement solidité. Le polyamide s'allonge entre 15 et 30 %, mais résiste mal aux UV (phénomène de durcissement à long terme). Face à lui, le polyester s’allonge moins (de 10 à 15 %), mais reste toujours souple même après une longue exposition au soleil.

Les trois torons restent roi
La construction de l’amarre entre aussi en ligne de compte pour l'élasticité et la souplesse. Ainsi le cordage trois torons sera moins souple que le huit torons ou que les amarres tressées. Hélas, ces amarres haut de gamme peuvent aussi coûter trois fois le prix des premières.

Quel amortisseur d'amarre choisir ?

Amortisseur d'amarre métallique ou caoutchouc ?
Le marché de l'amortisseur d'amarre se partage en 2 familles. D'un côté les ressorts métalliques, d'un autre les systèmes en caoutchouc.

Les essais que j'ai pu réaliser en laboratoire montrent un avantage pour les ressorts même si le caoutchouc s'en sort bien. Chacune des 2 familles a son lot d'avantage et d'inconvénient.

Les ressorts métallique
Outre la qualité de l’acier utilisé (acier, acier galva, inox), le rapport entre le diamètre du fil et celui du ressort est important. Un ressort plus large amortit plus qu’un modèle plus étroit. De même pour le fil, le diamètre de l’acier utilisé, plus il est gros, plus il amortit.

Le gros problème des ressorts reste le vieillissement. Non protégés, ils sont rapidement attaqués par la rouille. Il faut donc protéger l'acier.

Les protections galvanisées sont proscrites, car ce procédé suppose de chauffer l’acier à 450°C, ce qui altère ses propriétés élastiques. Reste la solution des amortisseurs d'amarre protégés par électrolyse à froid. Il s’agit d’une protection déposée par électrolyse dans des bains de zinc.

Les amortisseurs d'amarre protégés par cadmiage (les ressorts ressortent avec une couleur or) reposent sur le même principe (électrolyse), mais apportent plus de résistance à la corrosion.

Restent les amortisseurs d'amarre en inox, les plus solides face à la corrosion. Mais cet alliage est beaucoup moins souple que l’acier (il est même cassant). En plus, ce métal «couine» en fonctionnement, car le frottement inox sur inox a tendance à gripper.

Le bruit est d'ailleurs un point négatif de ces modèles à ressort, phénomène inexistant sur les modèles en caoutchouc.

Les amortisseurs en caoutchouc
Pas de ressort pour les amortisseurs en caoutchouc, c'est l'enroulement du cordage autour du corps de l'amortisseur qui assure l'amortissement. Avec l'amortisseur d'amarre caoutchouc couramment utilisé, il faut prévoir au moins 2 tours (3 tours c'est mieux) pour un bon amortissement.

Il est amusant de noter que lorsqu'on exerce une très forte traction sur l'amarre, elle se tend en ligne droite et l'amortisseur vient alors s'enrouler autour.

Attention de bien choisir le modèle avec les taquets en sifflet à chaque extrémité. Ceux-ci ont un rôle au moment de la tension de l'amarre (il existe des modèles sans taquet, souvent moins chers, mais aussi moins performants).

Avec l'amortisseur en caoutchouc type Milla, l'amarre traverse l'amortisseur en plusieurs passages (entre 6 et 8 trous suivant le modèle), mais le principe reste le même.

Un peu moins performants que les ressorts, les amortisseurs en caoutchouc ne craignent pas les UV et la corrosion et surtout ne font aucun bruit. Un gros plus pour dormir tranquille au port !

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Claude Castagnoli - 23 Juin 2015
salut à toi FX, ravi de te retrouver ici.
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