L'opération de sauvetage du maxi-trimaran Prince de Bretagne est en cours

Le Jiss Xplorer qui est parti remorquer le Prince de Bretagne © DR

Après le chavirage, lundi 26 octobre, du maxi-trimaran Prince de Bretagne, Lionel Lemonchois et Roland Jourdain ont dû être hélitreuillé, laissant sur place le bateau. Les deux hommes et toute l'équipe technique ont alors tout fait pour organiser le sauvetage du bateau. Et les opérations sont désormais en cours.

Un chavirage et un hélitreuillage

Lundi 26 octobre, Lionel Lemonchois et Roland Jourdain ont été victimes d'un chavirage à bord de l'Ultime Prince de Bretagne. Les deux marins gagnaient le Sud depuis le golfe de Gascogne. Alors qu'ils avaient décidé d'attendre leur équipe technique pour être rapatriés, les conditions météo en ont décidé autrement. Le duo a dû déclencher sa balise de détresse le mardi 27 octobre aux alentours de 15 h 30 TU.

Un hélicoptère du MRCC Madrid est aussi venu les secourir à 150 milles dans le nord-ouest de La Corogne. Lionel Lemonchois et Roland Jourdain ont été rapatriés au port de La Corogne, vers 20 heures. Ils étaient sains et saufs, mais ont dû abandonner le bateau.

Hélitreuillage de Roland Jourdain - crédit : Salvamento Maritime - MRCC Madrid

Hélitreuillage - crédit : Salvamento Maritime - MRCC Madrid

Organiser le sauvetage du maxi trimaran Prince de Bretagne

Le mercredi 28 octobre dernier, Lionel Lemonchois, Roland Jourdain et leur équipe, qui avaient tout mis en place, à La Corogne, pour organiser le rapatriement du Maxi80 Prince de Bretagne, qui gît à l'envers à 150 milles au nord-ouest de la Galice depuis son chavirage, ont dû modifier leurs plans.

La situation météo sur la zone était clairement mauvaise et ne doit pas s'améliorer avant la fin du weekend. "Il y a en ce moment de forts vents de sud sud-ouest et des creux de six mètres et ça ne va pas s'arranger dans les jours qui viennent. Dans ces conditions, il est impossible d'envisager d'aller chercher le bateau et de le remorquer avant dimanche" expliquait Dominique Vittet, le responsable technique du team.

Le trimaran à la dérive devrait se rapprocher des côtes bretonnes, plus que de celles de l'Espagne. "En conséquence, j'ai rapatrié Gurloës Merrien et Patrice Richardot qui avaient pris la route pour La Corogne hier, mais aussi les deux skippers. Tous vont rentrer en voiture. Comme ils sont bien fatigués, ils vont faire un stop, tard ce soir, à Bayonne. Ils y dormiront puis, demain matin, ils profiteront d'être sur place pour aller voir un bateau qui pourrait être utilisé pour le sauvetage de Prince de Bretagne" ajoutait mercredi Dominique Vittet.

Crédit : Marcel Mochet

L'équipe est arrivée à Bayonne à 21 h 30 ce mercredi 28 octobre et est partie directement voir un bateau qui pourrait convenir pour aller chercher et remorquer le Maxi80 Prince de Bretagne. Et c'est le cas, puisqu'après avoir rempli les diverses formalités obligatoires puis regroupé tout le matériel nécessaire à une telle opération, un bateau a été affrété.

Les deux co-skippers, accompagnés de Patrice Richardot et de Gurloës Merrien, ont pris la mer ce matin, sur les coups de 10 h 15, à bord de "Jiss Xplorer", un ancien thonier de 40 mètres, aujourd'hui reconverti en bateau de travail et parfaitement bien équipé. Ils devraient ainsi rejoindre la zone où se trouve le trimaran à l'envers demain, à la mi-journée (15 h), après une petite trentaine d'heures de mer, puis entamer dès que possible le remorquage vers Lorient, leur port d’attache.

Sauver le Maxi80 Prince de Bretagne

Depuis son arrivée à terre, Lionel Lemonchois n'a pensé qu'à une chose : sauver son bateau. Lui et son équipe ont donc tout mis en place pour que l'opération puisse débuter le plus rapidement possible. Restait cependant un paramètre immaîtrisable, celui de la météo. "Dernièrement, la situation s'est nettement apaisée dans la sud du golfe de Gascogne. C'est pourquoi nous avons décidé de ne pas perdre de temps et de partir dès ce matin. Hier, nous avons eu le temps d'organiser la logistique puis de rassembler les cinq tonnes de chaînes, les 200 mètres de gros bout et toutes les autres choses indispensables à notre mission", a expliqué Lionel, ce matin, au moment de quitter le quai du port Bayonnais.

Crédit : DR

 

"Le "Jiss Xplorer" est un très beau bateau. Il est équipé d'une grue et de tous les engins de manutention dont nous allons avoir besoin. Sa vitesse affichée en croisière est de douze nœuds. Cela va nous permettre d'arriver sur la zone où se trouve Prince de Bretagne demain en milieu de journée. Le point positif, c'est que c'est précisément le moment où les conditions devraient être les plus calmes de cette fin de semaine", a détaillé le skipper Normand, précisant que son multicoque continue de dériver dans le golfe en direction des côtes françaises et qu'il se trouve aujourd'hui à 250 milles dans le sud-ouest de Lorient.

Deux options possibles

"Une fois que nous serons arrivés à proximité du trimaran, l'idée c'est de le prendre en remorque, mais nous avons envisagé une seconde option qui consiste à le retourner en mer dans le cas où le remorquage à l'envers ne serait pas possible. C'est en fait ce que nous avions été obligés de faire il y a un an et demi au large du Brésil, à la suite de mon chavirage sur la tentative de record de la Mauricienne", a souligné Lionel Lemonchois, sans cacher sa nette préférence pour la première solution qui serait clairement moins dommageable pour le bateau.

Le soutien indéfectible de Bilou

"C'est vraiment important pour moi de récupérer Prince de Bretagne et je suis touché parce que Bilou tient particulièrement à aller avec moi au bout cette histoire que nous avons débutée ensemble", a déclaré Lionel dont la capacité à rebondir et à aller de l'avant impressionne justement son acolyte.

Crédit : DR

"Je suis vraiment épaté de la capacité de résilience de Lionel. Il y a un gros pépin, mais "bim-bam", la vie continue et on est dans l'action ! Ça fait du bien de voir quelqu'un prendre les choses dans ce sens-là parce que ce n'est vraiment pas facile. De mon côté, il est certain que je ne me vois pas une seule seconde le laisser en plan et ne pas continuer avec lui. L'un comme l'autre, nous assumons et nous irons jusqu'au bout", a noté Roland Jourdain qui sait l'urgence de la situation pour ne pas que la balise du bateau cesse d'émettre, et que c'est au moins trois jours qu'il leur faudra pour rejoindre le Morbihan une fois Prince de Bretagne sécurisé et bien attaché au remorqueur.

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