Yvan Bourgnon dévoile le quadrimaran Manta, nettoyeur des océans


En 2016, le navigateur et aventurier Yvan Bourgnon se lançait dans un nouveau défi : dépolluer les océans. Une mission portée par l'association The SeaCleaners - qu'il préside - et qui repose sur la construction d'un navire innovant : le Manta. Après 1 an ½ d'études de faisabilité et de recherche de financements, il est temps pour le navigateur de dévoiler une maquette de la version finale du navire.

Une campagne de crowfunding prometteuse

Après une campagne de crowfunding en décembre 2016 qui avait permis de récolter 150 000 € (deux fois plus que la somme initialement prévue), l'association a pu travailler sur la conception du Manta. 6 bureaux d'études ont passé près de 3000 heures de travail pour étudier la faisabilité du projet et le faire passer au stade de réalité.

Un travail qui permet aujourd'hui de découvrir la maquette au 1/80e de la version finale du bateau. Le Manta sera un quadrimaran collecteur de déchets marins aux nombreuses technologies embarquées, d'une longueur de 70 m, d'une largeur de 49 m et haut de 61 m (l'Arc de triomphe mesure 50 m de haut).

Un bateau révolutionnaire

Le Manta récupèrera les macro-déchets plastiques flottants avant qu'ils ne se dégradent et ne polluent les océans de manière irréversible. Ce navire-usine utilisera des outils à la pointe de la technologie et possèdera tout le nécessaire pour "travailler" sur place : collecter, trier, compacter et stocker les déchets plastiques.

Trois collecteurs seront installés entre les coques du navire sous la forme de tapis roulants pour remonter rapidement de grandes quantités de plastiques. Le navire pourra stocker 250 tonnes de déchets dans ses coques avant de les rapporter à terre, où ils seront pris en charge par des centres de recyclages adaptés.

Par sa conception, le Manta est aussi un défi technologique puisqu'il doit produire une empreinte carbone minimale. Il sera donc alimenté par plusieurs sources d'énergie renouvelable. Il sera propulsé par quatre gréements DynaRig et quatre moteurs électriques, et embarquera plusieurs technologies combinées de production d'énergie renouvelable associées à un système de stockage énergétique optimisé.

Le pont du bateau sera recouvert de 2 000 m2 de panneaux solaires et deux éoliennes verticales utiliseront la force du vent pour produire de l'électricité. Il pourra ainsi se déplacer et collecter en autonomie, mais aussi se déplacer sur toutes les zones de forte densité de pollution (estuaires, zones côtières...).

Des actions de sensibilisation à terre

Pour réduire la pollution en mer, il est aussi important de la réduire à terre. Ainsi, le Manta s'inscrit dans un projet global qui vise à sensibiliser à la consommation de plastique et son gaspillage. Dans la même lignée, ce projet est destiné à devenir un levier de l'économie circulaire.

Les plastiques collectés constitueront la base d'une dynamique d'économie locale et circulaire. Le MANTA permettra d'initier ou de développer des initiatives de transformation des déchets en matière première et de dynamiser l'économie des pays où s'effectueront les collectes.

L'association poursuit également un but scientifique d'observation et d’analyse. Chaque collecte sera géolocalisée, quantifiée et qualifiée grâce à la mise en place d'un véritable laboratoire à bord du navire. Toutes les données seront ensuite publiées en Open Data afin d’en permettre l’accès à toute la communauté internationale.

Quelques chiffres clés liés à la pollution océanique

9 millions de tonnes de déchets plastiques dans les mers par an

1 million d'oiseaux tués par an

100 000 mammifères marins tués chaque année

+ de 1 400 espèces marines déjà impactées

70 % de déchets flottants finissent par couler au bout d'un an

450 ans pour qu'une bouteille plastique se dégrade (immergée ce temps est infini)

Sans oublier les impacts économiques (dégradation de l'activité touristique côtière, destruction des ressources halieutiques...) et humains (Stérilité, perturbations hormonales, troubles de la croissance…).

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Florian Lsg - 10 Avril 2018
Nettoyer les océans avec un bateau de 70m c'est comme essayer de vider le Léman avec une petite cuillère....
Raphael Brun - 10 Avril 2018
« On ne va pas tout ratisser ! Mais on peut faire deux choses. D'abord travailler sur les zones les plus contaminées, environ 10.000 sur la planète, et faire du ramassage alors que les déchets ne sont pas encore très fragmentés donc récupérables. Là, on est dans la bande côtière, disons 100 miles [environ 180 km, NDLR], et ces sites sont bien connus. La deuxième est de mener des actions ponctuelles, rapides, quand des pollutions accidentelles se produisent en cas de grandes inondations. En Europe, cela a été le cas cet hiver avec les inondations en baie de Seine qui ont envoyé de grosses quantités de déchets dans la mer. Mais c'est surtout vrai en Asie du sud-est, après des typhons. »Yvan Bourgnon
Fred Eric - 10 Avril 2018
Génial ! J'espère de tout coeur que d'autres projets de bateaux pourront se réaliser pour venir renforcer cette action de nettoyage encore à plus grande échelle. Bravo ! (on est jamais content, mais les dégâts semblent si immenses)
Julien Balcerzak - 11 Avril 2018
Vivement la construction en série!!!
Cyrille Martin - 5 mois
Super projet Je propose à l'association de voir avec le moteur de recherche solidaire français LILO.ORG, de proposer le projet et pourvoir récupérer des gouttes qui se transforme en argent car ce moteur de recherche reverse 50% de leur revenus à de nombreuses associations françaises et internationales agissant sur l'environnement, la santé, l'éducation.... Donc à tous le monde, laisser google, ... et recharger sur vos téléphone et ordi lilo.org en 2 minutes ou allez sur le site pour ceux qui veulent comprendre. AINSI l'argent pourra aider à la construction d'un autre manta et rester ainsi positif. Plus il y aura de gouttes avec vos recherches plus il y aura d'argent distribué aux associations, sans que le particulier en verse. Un don sans donner d'argent et en appauvrissant les grosses industries de moteurs de recherche.
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