Savoir-faire / Aller plus vite au portant à la voile, les techniques pour garder la vitesse

© Andreas Lindlar

La navigation au portant fait partie de l'art de faire de la voile. En croisière ou en régate, la maitrise de sa route au portant est un atout aussi bien pour le confort que pour la performance. Voici quelques conseils qui vous aideront à rattraper vos concurrents au portant ou à rallier ce sublime mouillage sous le vent avant tout le monde.

Garder la pression sur la route

Une navigation efficace au portant repose sur une pression et un angle constants du vent apparent. Plus vous serez stable, moins vous aurez besoin de vent pour maintenir votre vitesse moyenne. Au portant, plus qu'à toute autre allure, le vent peut sembler très instable. C’est qu'en fait sa force et son angle sont liés à la vitesse du bateau, qui elle-même, fluctue parfois du simple au double.

Pour garder une pression et un angle de vent apparent constant, il faut se souvenir de l'adage de tempérance : "Le mieux est l'ennemi du bien". On rentre facilement dans un cycle dont le dessin prendra la forme d'une sinusoïde : on lofe pour retrouver le bon angle, mais un peu trop, ensuite on abat alors que le régleur tente de s'adapter aux variations de vent… À trop corriger l'angle de navigation, le barreur et le régleur vont rapidement y perdre leur coordination et donneront l'impression de courir l'un après l'autre. En outre, on fait beaucoup de chemin supplémentaire sur la route.

L'angle de descente dépend de la force du vent

Il est également important de se rappeler que l'angle optimal change en fonction de la vitesse du vent. Les marins chevronnés, en particulier les coureurs connaissent les meilleurs angles de descente pour diverses conditions : quand il vaut mieux lofer (les accalmies) et lorsqu’il est payant d'abattre (les risées).

Trouver sa route au portant dans le vent léger

Au portant dans le vent léger à modérer, vous ne pourrez pas aller droit au but sous peine de ne jamais voir le spi se gonfler.

Ainsi vous allez lofer jusqu'à ce qu'il y ait de la pression dans l'écoute de spi. Ce sera votre angle de navigation de référence. Un coup d'œil à la girouette pour mémoriser le vent apparent, un autre au compas pour le cap et pour les plus équipés, la girouette électronique leur donnera le vent réel auquel le spi se gonfle.

Le barreur s'attachera à conserver une certaine stabilité de route et d'angle de vent apparent malgré les inévitables zones de calmes et de risées qu'il devra traverser.

Trouver sa route au portant dans médium

Au portant, les vagues rentrent dans l'équation dès que le vent médium lève des vagues qui feront surfer le bateau de temps à autre. Il serait tentant de lofer pour accélérer et surfer tout en abattant. Rappelez-vous qu'une route et un vent apparent stables sont les clés du portant.

Il est souvent plus judicieux d'adopter une route assez abattue et bien en ligne avec la houle. Vous ne serrez pas au planning, mais vous obtiendrez de petites accélérations à chaque vague. Ces petites poussées maintiennent la vitesse du bateau et, par conséquent, la vitesse du vent apparent. Il ne s'agit pas d'une conduite lente plein vent arrière, mais d'un compromis offrant une route plus stable et une pression plus constante.

En régate, une bonne utilisation de la houle permettra de descendre plus bas et plus vite que les autres. Et surtout, cela évite, à force de lofer, de se retrouver dans le devant d'un proche concurrent.

Trouver sa route au portant dans la brise

Si le bateau ne plane pas et qu'il se contente de bons surfs, il faudra profiter du vent et des vagues pour descendre bien vent arrière. Quand le voilier se trouve sur le haut de la vague et entame son accélération, le barreur abat à mesure que le bateau accélère et que le spi semble se déventer. L'œil rivé sur la larme du spi, il conserve ainsi le même angle de vent apparent. Puis, lorsque le bateau commencera à décélérer, il sera temps de relofer pour maintenir l’angle de vent apparent.

Si le bateau est rapide et qu'il rattrape la vague de devant à chaque surf, il sera probablement judicieux de lofer un peu pour ne pas fatiguer le gréement à chaque décélération. En lofant, les surfs pourront durer plus longtemps, si le bateau plane bien, la vitesse permettra d'augmenter le VMG. Dans certaines conditions avec des voiliers très rapides cette conduite s'apparente plus à du pilotage où l'on cherche un passage dans les vagues pour n pas s'écraser ni dans les trous ni dans les bosses.

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Jacques Amédéo - 3 mois
Comment optimiser ces angles de nuit dans un mer formée ? A mon sens girouette mode vent apparent pour éviter de trop descendre ? Cela ne marche pas à tous les coups .
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