Lalou Roucayrol : " Avec l'aile sur Arkema 3, on défriche l'avenir de la course au large."

Arkema 3, Mini 6.50 à aile

L'aile rigide a fait ses preuves dans l'America's Cup. Mais comment l'adapter à la course au large? Réglage, réduction de surface... Arkema 3 défriche le terrain.

Une nouvelle étape

Le concept d'aile rigide, à l'image des avions, pour propulser des bateaux n'est pas entièrement neuf. Il a commencé à prendre de l'ampleur dans les années 60 sur les catamarans Class C de la petite Coupe de l'America. Les vitesses atteintes par les actuels catamarans de la coupe de l'America l'ont définitivement validé pour les applications de régate côtière entre trois bouées.

Adapter une aile sur un voilier pour aller au large implique de nouvelles contraintes. Il faut pouvoir faire face aux changements d'allure et de météo. Le système doit être robuste et fiable, pour fonctionner sans maintenance le temps d'une navigation océanique et non seulement celui d'une après-midi en stade nautique. Le team Lalou Multi a décidé de défricher ce terrain en lançant le Mini 6.50 Arkema 3.

Un choix de pionnier

Déjà équipé de foils, d'un bout-dehors innovant, réalisé avec une résine thermoplastique spéciale, Arkema 3 avait-il aussi besoin d'une aile rigide ? Pour Lalou Roucayrol, patron de l'écurie Lalou Multi, la réponse est évidemment oui. " Avec Arkema 3, on a voulu faire un bateau laboratoire. On a donc tout mis. Quentin Vlamynck, le skipper, n'était d'ailleurs pas nécessairement chaud pour rajouter l'aile car il veut évidemment assurer une performance, en tant que coureur. Je la lui ai un peu imposée, car je pense que c'est l'avenir. Avec ce bateau, on veut franchir des étapes techniques pour les années à venir, pas uniquement faire de la course au large."

L'aile

L'aile est composée de deux volets fixés sur un mât en carbone à profil circulaire. Une tissu en dacron est tendu sur des profils en carbone, répartis sur la hauteur. Ils maintiennent la forme de chaque volet. Une têtière rigide assure l'envoi en tête de mat. La bôme est en deux parties. L'écoute est reprise sur l’élément arrière, et un arthur sur celui avant. Ils permettent de régler l'incidence de chacun des volets.

Bôme articulée et profilés intermédiaires de l'aile d'Arkema 3

Le mât d'Arkema 3

Element arrière de la bôme d'Arkema 3

Réduire la surface

Contrairement à un catamaran de l'America's Cup, un voilier de course au large ne rentre pas en cas de tempête. Il faut donc pouvoir réduire la surface propulsive. En lâchant de la drisse et en reprenant les palans sur les profils intermédiaires, on peut diminuer la taille de l'aile, à l'image d'une voile qu'on arise.

Trouver le bon tissu

Pour le développement de l'aile avec la voilerie Incidences, le Team Lalou Multi a utilisé du dacron. Il s'agissait d'un bon compromis de coût pour un prototype. L'enjeu est désormais de trouver le matériau optimal pour garantir une meilleure tenue de forme à l'aile.

Futurs développements

Avec Arkema 3, le Team Lalou Multi prépare l'avenir. Et Lalou Roucayrol ne l'envisage pas qu'en Mini. " On sait que le Mini 6.50 n'est probablement pas l'idéal pour développer l'aile, mais la jauge autorise l'innovation. J'ai déjà réfléchi à comment l'adapter sur mon Multi 50. La jauge ne le permet pas aujourd'hui, mais je crois en l'avenir de l'aile sur des supports de ce genre."

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