L'IMOCA Paprec Arkéa dévoilé, Yoann Richomme explique ses choix architecturaux

© Chloé Torterat

L'IMOCA Paprec Arkéa de Yoann Richomme a été mis à l'eau à Lorient ce mercredi 22 février 2023. L'occasion de découvrir les deux caractéristiques de conception distinctives de ce plan Antoine Koch et Finot-Conq, que nous explique son skipper.

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Un premier projet en propre en IMOCA pour Yoann Richomme

Ce mercredi 22 février 2023, les pontons de Lorient La Base étaient le centre d'attention de tous les acteurs de la course au large. Après plusieurs mois de chantier chez Multiplast, l'IMOCA Paprec Arkea de Yoann Richomme touchait enfin la mer. Conçu par les architectes Antoine Koch et Finot-Conq, ce foiler a été pensé pour le Vendée Globe 2024, dont le départ sera donné dans un an et demi. Il s'agit du premier projet en propre pour Yoann Richomme dans cette classe, lui qui avait déjà navigué en IMOCA aux côtés de Damien Seguin notamment.

Il explique : "J'ai forcément hâte de voir ce qu'il a dans le ventre. C'est la première fois que j'ai un bateau dessiné pour moi, et en plus un IMOCA."

Mise à l'eau de l'IMOCa Paprec Arkea © Chloé Torterat
Mise à l'eau de l'IMOCA Paprec Arkea © Chloé Torterat

Deux grandes caractéristiques de conception

Au cœur de la conception, deux caractéristiques importantes distinguent l'IMOCA Paprec Arkéa. D'abord son étrave pointue pensée pour fendre la mer, contrairement aux derniers plans plutôt typés scow.

Yoann Richomme explique : "On a préféré retourner à ce type d'étrave pointue, très haute et dégagée de l'eau. Le pont est très rond pour évacuer l'eau rapidement sur les côtés. La génération précédente avait des ponts très creux, appelés aile de mouette, mais qui avaient le défaut d'embarquer beaucoup d'eau. Notre pont est très courbé pour évacuer l'eau très rapidement. Tout est absolument invisible, il n'y a pas un bout qui traîne sur le pont pour travailler l'aérodynamisme et l'hydrodynamisme. La goulotte centrale amène toutes les manœuvres à l'avant. Deux gros cale-pieds servent d'appuis solides pour aller à l'avant du bateau si besoin, même si aujourd'hui on ne peut plus aller à l'avant une fois lancé. À chaque fois que l'on doit manœuvrer ces bateaux-là, on est obligé de les arrêter au vent arrière pour avoir une vitesse inférieure à 10 noeuds probablement, sinon c'est impossible de tenir à l'avant de ces bateaux."

L'IMOCA Paprec Arkea a touché l'eau ce 22 février 2023 à Lorient © Chloé Torterat
L'IMOCA Paprec Arkea a touché l'eau ce 22 février 2023 à Lorient © Chloé Torterat

L'autre caractéristique du bateau est cette unique cellule de vie sous la casquette, avec une vision avant importante pour la navigation, comme l'explique le skipper :

"On est parti du constat que les bateaux précédents se sont vus rajoutés des casquettes de roof pour s'abriter de l'eau. On a fermé ces casquettes et on s'est retrouvé emprisonné, à ne rien voir vers l'avant et à faire de la veille à l'intérieur du bateau, dans une boîte noire, dans laquelle on ne voit rien, alors qu'on y passe 90 % de notre temps. On a essayé d'inverser le système, et de faire en sorte d'être dans un endroit lumineux avec de la vision pour voir les voiles, le ciel, la mer et les foils. Derrière les vitres latérales, il y a le poste de veille. On est assis à cet endroit avec une vision sur les ordinateurs, les réglages des foils et sur l'extérieur. On espère aussi que ça nous amènera de la performance grâce à cette ergonomie très fonctionnelle. L'idée est de très peu se déplacer pour faire le moindre réglage sur le bateau. Et de clairement ne pas mettre un ciré."

Yoann Richomme et son IMOCA Paprec Arkea © Chloé Torterat
Yoann Richomme et son IMOCA Paprec Arkea © Chloé Torterat

Une nouvelle paire de foils à construire pour le Vendée Globe 2024

Les grands foils installés pour l'instant ne seront pas ceux avec lesquels le skipper partira sur le tour du monde en solitaire, comme il l'explique : "Les foils sont assez grands. C'est un élément assez difficile à décrire, aussi complexe qu'une carène à dessiner. En IMOCA, l'un des gros enjeux est la surface. On cherche à avoir la plus grande surface possible pour décoller en premier. Tout a une importance capitale sur la gestion de la puissance, la courbure, les systèmes de réglage, la manière dont ils descendent dans l'eau, mais aussi ce qu'il y a à l'intérieur. On va réunir un maximum d'informations sur les six prochains mois pour développer la paire de foils la plus performante pour le Vendée Globe. C'est un long processus d'analyse et de développement, avec un temps de construction de sept mois non négligeable."

15 jours seront encore nécessaires pour achever la finalisation de l'IMOCA. Les prochains moins permettront de valider les idées et de vérifier l'adéquation entre les simulateurs et la réalité.

L'étrave de l'IMOCA Paprec Akea © Chloé Torterat
L'étrave de l'IMOCA Paprec Akea © Chloé Torterat

Fiabiliser le projet pour être rapidement compétitif

Yoann Richomme conclut : "On va voir s'il a le potentiel de vitesse attendu, identifier ses défauts et essayer de les limiter, mais aussi développer de nouvelles idées. Ça passera aussi par l'étude de la concurrence. On a du retard à rattraper par rapport aux concurrents qui naviguent en IMOCA depuis 4 ans. On doit apprendre à naviguer, fiabiliser le projet, à travailler ensemble parce que l'équipe est jeune. On n'espère pas de résultats sportifs sur les premières épreuves, mais on va essayer de se battre aux avant-postes le plus vite possible pour clairement être compétitif sur la Transat Jacques Vabre."

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