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Les anecdotes du chantier de construction de l'Hermione

Et voilà c'est la fin de notre dossier spécial sur l'Hermione ! François Asselin nous raconte ses anecdotes sur le bateau, sur la construction et s'exprime sur son "bébé". Merci à lui d'avoir partagé ses souvenirs.

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Anecdotes sur le bateau

L'Hermione est aujourd'hui le plus grand bateau en bois navigant au monde "Dans les armadas, les grands voiliers ont des coques en acier. Même le Belem, qui est un bateau magnifique, à une coque en acier" nous dévoile François Asselin.

Aujourd'hui, mais surtout à l'époque, l'Hermione présentait une caractéristique impressionnante. Malgré son poids et son volume imposant, la frégate était capable d'atteindre des vitesses élevées pour l'époque. "C'est un trois mât dont le plus grand fait 57 mètres, la surface de voile fait 2 200 m2 et déjà, à l'époque il était possible d'atteindre de belles vitesses. On sait, à l'étude du livre de bord, qu'il était tout à fait commun de faire des trajets entre 10 et 12 nœuds en vitesse moyenne donc on suppose qu'il y avait des pointes. C'est tout à fait considérable, quand on sait que c'est un bateau qui pèse près 1000 tonnes. Pour l'époque c'était incroyable !" En dehors de sa belle vitesse de navigation, l'Hermione possède également de belles qualités maritimes. Si l'on se base sur les navigations que la frégate a déjà réalisées, uniquement à la voile, notamment en se rendant à Brest et à Bordeaux, celles-ci se déroulent de manière impressionnante. "Le capitaine Yann Cariou est complètement subjugué par la qualité maritime de ce bateau. C'est très impressionnant, il n'a jamais connu ça en 35 ans de carrière de navigation. On se rend compte avec cette réplique de l'Hermione que c'était des bateaux qui étaient extrêmement aboutis."

Anecdotes sur la construction de l'Hermione

Pour construire un bateau en bois, les matériaux choisis doivent avoir une forme arrondie pour que ce soit plus esthétique. "Il faut trouver des bois en forêt qui soient naturellement courbes pour la pièce à laquelle ils vont être destinés. Il faut éviter de couper le fil du bois sinon on perd de la résistance mécanique" explique François. Pour l'Hermione, ce sont des bois en quantité qu'il a fallu, la société a donc sélectionné des centaines de m3 de bois courbe pour pouvoir réaliser la construction. "Quand nous sommes arrivés pour réceptionner la première coupe de bois que nous avions sélectionné, les bûcherons avaient coupé toutes les courbes dans le milieu. Il a fallu que nous remontions la filière pour pouvoir faire comprendre nos besoins. »

Une histoire similaire s'est déroulée avec une belle pièce de chêne, assez imposante et courbe aussi. Alors que le transporteur charge, il s'aperçoit que la courbe dépasse et décide alors de couper ce qui dépassait. "Tout a été très hors-norme et très atypique sur ce chantier, du coup nous avons dû aller en amont de l'exploitation des bois et des chênes, en particulier, pour être sûr qu'à l'arrivée nous allions être livrés de la matière première dont nous avions besoin. Il a fallu reproduire une chaîne de process qui avait complètement disparu."

Des relations humaines compliquées mais tellement belles

Sur le chantier, il n'y a eu aucun doute sur la partie technique "J'ai eu la chance d'être entouré d'une équipe technique extraordinaire" mais le plus dur à gérer ça a été de tenir humainement sur la durée du chantier. Pour le coup, le chantier de l'Hermione a duré 17 ans, et tout n'est pas toujours rose "C'est un peu comme dans un couple, il y a des jours avec et des jours sans." Les protagonistes, l'association d'un côté et l'entreprise Asselin de l'autre, se devaient de bien s'entendre pour pouvoir travailler dans les meilleures conditions, sauf qu'ici, on ne parlait pas d'un chantier de quelques mois "C'était compliqué car des fois nous n'étions pas d'accord sur des choix mais nous avons réussi à avancer et à passer au-dessus de ces difficultés humaines pour tenir l'objectif commun qui était de construire l'Hermione et de la voir naviguer." Pour résumer, François Asselin décrit très bien la situation "Finalement le plus compliqué, mais le plus beau aussi, c'était l'aspect humain."

"Un moment incontournable dans ma vie professionnelle"

Même s'il n'a pas encore eu l'occasion de naviguer dessus, François ressent un petit pincement au cœur depuis que la construction s'est achevée. Et en 17 ans, il a eu le temps de nouer une belle relation avec la frégate. "J'ai l’application sur mon iPhone pour savoir où se trouve l'Hermione."

Et quand on lui pose la question de savoir si c'est sa plus belle réussite, il répond "Je ne sais pas si ça sera notre plus belle réussite mais en tout cas c'est un moment incontournable dans ma vie professionnelle. On a vraiment le sentiment du devoir accompli quand on regarde l'Hermione. On commence à réaliser qu'on fait quelque chose qui nous dépasse et que ce bateau est vraiment magnifique. Je suis allé à l'escale de Bordeaux et quand vous voyez l'accueil du public, il y a beaucoup d'émotion, c'est très impressionnant, les gens sont très émus de voir cette réalisation parce que le bateau est vraiment magnifique."

Il terminera par cette devise "Quand on se tient la main, qu'on tient bon, qu'on est persévérant, on arrive à faire de belles choses."

Reportage : Reconstruction de l'Hermione

Hermione, des compromis dans la construction

L'histoire de la reconstitution de l'Hermione

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Guy Ribadeau Dumas 17 Avril 2015
L'USS Constitution avec 53 m au pont fait 10m de plus que l'Hermione. En ce moment en cale sèche pour trois ans de travaux, elle doit être remise à l'eau en 2017.

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