Un demi-tour du monde pour Jacques Brel sur Askoy

Après une opération chirurgicale au poumon, Jacques Brel rejoint son bateau Askoy aux Açores pour poursuivre son tour du monde en direction des Îles du pacifique. Une croisière dure sur un bateau exigeant.

Retour au bateau en décembre 1974

Le 25 décembre 1974, le réveillon de Noël se passe avec la goélette voisine, Om, skippée par Antoine (l’auteur des Élucubrations…) à Horta. Puis c'est le départ pour la transat avec Maddy et France direction la Martinique.

À bord de l’Askoy, un homme seul accompagné de deux femmes inexpérimentées mène un navire de 40 tonnes sans l’once d’un automatisme ou d’un équipement électronique. Jacques Brel, la poitrine et les côtes sciées pour son opération quelques mois plus tôt souffre. Sa fille France et sa compagne Maddy participent grandement à la navigation. Le bateau est difficile à manœuvrer et demande une attention constante à la barre. C’est une vraie “cathédrale” de toile, comme il le chantait dans une de ses chansons du même titre.

Jacques Brel sur l'Askoy

Enfin les Antilles

Arrivé à Fort-de-France le 25 janvier 1975, l’équipage, réduit à Maddy et Jacques, cabotera six mois aux Antilles. Il recevront leurs amis Perret, Charley Marouani son ancien imprésario, Lino Ventura, son chirurgien et bien d'autres plus ou moins célèbres pendant ces longues vacances à bord.

Puis l'Askoy remet le cap vers le large. C’est la route à l’ouest via Bonaire et Curaçao, les Antilles néerlandaises, avant de franchir le Canal de Panama. Enfin, le 22 septembre 1975, c’est le départ pour la transpacifique.

Jacques Brel sur l'Askoy

Les Marquises ou La Terre des Hommes en marquisais

Cette traversée du Pacifique s'effectue à deux, Jacques Brel et Maddy. Elle va durer deux mois à travers cet océan sur leur voilier de 40 tonnes. Une première escale à Fatu Hiva leur réserve un accueil par une délégation des autorités auxquelles il manquait tout juste la fanfare… Brel a-t-il fredonné “Les bourgeois” ? Nul ne le sait...

Cet accueil leur déplut à tel point que, dès les formalités d'entrée accomplies, ils mirent immédiatement le cap vers l'île de Hiva Oa plus au sud.

Jacques Brel sur l'Askoy

Hiva Oa, le bout de son monde

Dès l'ancre jetée à Hiva Oa, à l'automne 1975, ils découvrent ces rivages enchantés, lors des premières explorations à terre, un délicieux anonymat qui leur convint parfaitement. C'est exactement ce que recherchait le Grand Jacques.

Diminué, épuisé par cette traversée, il suit les conseils de sa compagne et interrompt son tour du monde pour poser son sac à terre sur cette île du Pacifique, loin des brumes du plat pays et des ragots des journalistes.

Il y achète une maison et vit heureux ses dernières années, partageant son temps entre une activité bénévole d'avion-taxi, l’écriture et les visites de ses amis.

Jacques Brel sur l'Askoy

Askoy change de mains pour une bouchée de pain

Un couple américain jeune marié, arrivé à Hiva Oa en voyage de noces, équipiers sur un voilier de passage, se vit offrir Askoy pour à peine 10% des capitaux que Brel y avait consacrés. Ainsi le chanteur était-il certain que le bateau continuerait à naviguer !

Jacques Brel sur l'Askoy

Brel composa son dernier album “Les Marquises” à Hiva Oa en 1977. Il disparait l'année suivante, emporté par une embolie pulmonaire consécutive à une rechute de son cancer du poumon. Il est enterré à Hiva Oa auprès de Gauguin.

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Florian Lsg - 03 Mars 2019
Nuku Hiva, pas Fatu Hiva.
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