Savoir-faire / Rénovation d'un bateau : primaire et sous-couche époxy

© Charly Fernbach

Dans le cadre d'une rénovation, la préparation de la carène doit faire l'objet de tous les soins, car l'environnement sous-marin est très agressif. Les vieux gels-coat étant souvent poreux, il est donc nécessaire de rénover l'étanchéité de la coque à l'aide de primaire et d'une éventuelle sous-couche époxy.

Pour la rénovation de ce petit trimaran, la coque a été intégralement poncée. Quelques heures de grattoir et de ponçage ont permis de revenir à la matrice d'origine, un primaire époxy. Mais sur la plupart des anciens bateaux, il s'agira du gel-coat d'origine.

Les réparations ont été réalisées au mastic époxy et la coque à bien sécher durant plusieurs mois. Selon les conseils du fabricant Soromap, nous allons utiliser des produits bicomposants époxy pour redonner toute son étanchéité à la coque.

Attention, ce type de produit est à proscrire sur une coque humide, car il enfermerait l'humidité entre la coque et la peinture, créant un environnement idéal pour déclencher de l'osmose.

Ainsi pour la qualité de votre rénovation, il est essentiel de laisser sécher la coque hors de l'eau pendant plusieurs mois. En cas de doute sur la subsistance d'humidité dans la coque, de nombreux chantiers utilisent des testeurs d'humidité permettant d'obtenir des mesures précises.

Quels produits choisir ?

Pour garantir la meilleure étanchéité possible de la coque avec la contrainte d'un chantier réalisé en extérieur, j'ai recherché un produit qui s'applique en forte épaisseur avec un temps de surcouchage suffisant pour m'éviter les interminables heures de ponçage.

Dans la gamme Soromap, j'ai choisi d'appliquer une couche de primaire époxy PR 20. Le primaire est censé procurer une excellente adhésion sur tout support. Ce sera une base parfaite pour appliquer une peinture époxy d'étanchéité, la sous-couche SC 20.

Une sous-couche pour l'étanchéité

En respectant l'épaisseur préconisée pour la sous-couche époxy, elle pourra permettre de donner une véritable étanchéité à la carène et la protéger durant de nombreuses années.

L'application en forte épaisseur du SC20 permet de limiter le nombre de couches. Pour ce chantier extérieur, c'est primordial. En effet, l'application des produits époxy nécessite un faible taux d'humidité. Entre la rosée du matin et les chaleurs de l'après-midi, les prévisions météo me permettent de planifier deux couches de SC20 en deux jours.

Je disposais de 24 heures pour effectuer le surcouchage; au-delà, il aurait été nécessaire de poncer.Avec ce traitement époxy, le primaire et la sous-couche, j'assure une excellente étanchéité à la coque. De plus la dureté de l'époxy permet d'envisager les échouages à marée basse en toute sérénité.

La mise en oeuvre

La coque doit être propre, poncée, dégraissée et sèche. Mélangez bien le primaire à l’aide d'une perceuse et d'un malaxeur, les charges qui composent le produit sont le plus souvent agglomérées au fond du pot.


À l'instar des autres peintures, le primaire doit être appliqué en passes croisées. Une première passe de bas en haut et une seconde passe de gauche à droite, en finissant toujours dans le même sens. Pour une bonne finition de la carène, il faut être vigilant à éviter les surépaisseurs aux endroits où les couches se superposent.

En cas d’aspérités au toucher, de bulles ou de coulures, on n’hésitera pas à laisser totalement durcir le primaire avant d'effectuer un ponçage. Ce ponçage au grain 300 et à l'eau de préférence, permettra d'obtenir la carène la plus lisse possible.

Après total durcissement, reste à appliquer l'antifouling… mais un ultime ponçage de coque s'impose.

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