Réguler la puissance de grand-voile : avec le chariot ou avec l'écoute ?

Comment réguler la puissance de la grand-voile, avec l'écoute ou le chariot ? Que l'on navigue en course ou en croisière, la question est récurrente, Bateaux.com vous explique la meilleure façon d'utiliser ces 2 réglages.

En navigation, on constate parfois que le régleur de grand-voile et le barreur ne sont pas d'accord sur la manière de réguler la puissance de la grand-voile. Que doit-on utiliser, le chariot ou l'écoute ? En fait, les deux réponses sont bonnes. Voici comment ces réglages fonctionnent et comment les exploiter.

Le chariot contrôle directement l'angle de la bôme avec le vent. La grand-voile agit en premier lieu sur le vrillage de la voile et ensuite sur l'angle de la bôme avec le vent. Indirectement, ces réglages dirigent le bateau, au passage des risées et des molles, car la gîte modifie la route du voilier.

Procédure de réglage de la grand-voile

Dans un premier temps et dans le vent léger, on commence par ajuster le vrillage de la grand-voile avec l'écoute. Puis à l'aide du chariot on positionne la bôme au centre du bateau afin d'une part de générer une puissance maximale et d'autre part de pouvoir caper autant que possible, tant que la pression de barre et la gîte sont satisfaisantes.

À mesure que le vent se renforce et qu'on borde l'écoute pour tendre la chute, le chariot sera progressivement descendu, maintenant ainsi la bôme plus ou moins au centre du bateau.

Dans le vent médium

Le rôle du chariot va s'étendre au contrôle de barre. Si le voilier devient ardent et que la gîte est trop prononcée, le bateau perdra en maniabilité et en performance. Pour retrouver l'équilibre de barre, il faut laisser descendre le chariot pour que la puissance s'échappe.

Dans ces conditions, afin de conserver un bon contrôle et de bonnes sensations de barre, il faut agir sur le chariot avec amplitude et rapidité. À l'arrivée d'une risée, il faut choquer franchement le chariot, la pression supplémentaire se transformera en accélération plutôt qu'en gîte. Attention, cependant si le chariot n'est pas remonté à temps, vous manquerez l'occasion de pouvoir caper après avoir accéléré.

Il faut considérer le chariot comme un réglage fin de la puissance. Tant que les variations de vent ne sont pas trop importantes, le chariot permettra de garder le bateau dans ses lignes. La magie du chariot, c'est que le vrillage de grand-voile (contrôlé par l'écoute) est conservé, permettant ainsi de garder la vitesse et le cap, on ajuste seulement la quantité de puissance.

Par contre, dans des conditions de vent rafaleux et oscillant, l'écoute de grand-voile peut s'avérer le moyen le plus efficace pour contrôler la puissance et la stabilité.

L'écoute de grand-voile, c'est le réglage brut de la puissance

Si le vent augmente encore et que choquer le chariot n'est pas suffisant pour maintenir une gîte convenable, il est temps d'utiliser les gros moyens et de passer à l'écoute de grand-voile. En vrillant la voile, elle libérera le surplus de puissance.

Pour ce faire, il faudra tendre le hale-bas de bôme, qui aura pour mission de maintenir la hauteur de bôme et le vrillage de la grand-voile quand l'écoute est choquée. Ainsi, avec l'écoute on laisse la voile se mettre en ralingue dans les rafales et dans les molles on borde (modérément) pour gonfler la voile. En général, le chariot est en position intermédiaire de manière à ce que le bas de la grand-voile travaille encore.

Chaque bateau est singulier

Mais évidemment chaque bateau est différent ce qui conduira parfois à faire d'autres choix. Par exemple sur les bateaux à gréement fractionné disposant d'une grand-voile importante, l'écoute est utilisée de manière plus systématique et le chariot est généralement proche du centre. La surface de voile importante rend la vitesse du bateau particulièrement sensible aux petits changements de tension d'écoute. La clé de la performance tient dans la qualité du vrillage de la grand-voile, donc de son écoute.

Évidemment, les régleurs pros ajustent constamment la grand-voile avec le chariot et l'écoute en fonction de la puissance globale, mais aussi de la vitesse du bateau, des vagues et bien sûr des choix tactiques. Si le bateau est en dessous de sa vitesse cible, il faudra probablement agir sur le chariot et l'écoute. Si un train de vague se présente, il faudra faire gîter un peu et accélérer. Si l’on est un brin au-dessus de la layline, il sera rentable de relâcher légèrement l'écoute et le chariot pour passer du mode cap, au mode vitesse.

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