Navigation sous spi, conseil pour abattre et lofer

© Spi Ouest-France

Vous naviguez sous spi, le vent a légèrement tourné, et vous voulez rejoindre votre mouillage ou "faire" la bouée. Dans bien des cas, il faut savoir demander à sa voile, un peu plus que ce qu'elle est censée faire. Pour lofer avec votre spi symétrique ou abattre avec votre spi asymétrique, bateaux.com vous donne des conseils afin de maitriser ces précieuses techniques.

On sait que chaque voile du bord a une fenêtre d'utilisation optimale correspondant à une force et un angle de vent. Au portant, par exemple, un spi symétrique S5 est typiquement fait pour naviguer au vent arrière dans le médium (160° TWA, avec 15 nds TWS) alors qu'un spi asymétrique A3 est idéal pour naviguer dans la brise un peu lofé (145° TWA, avec 25 nds TWS).

Cependant, il existe des techniques qui permettent de pousser un spi au-delà de sa plage d'utilisation. Afin d'éviter un changement de voile ou de destination, voici comment régler vos voiles de portant pour lofer ou abattre quand le vent n'est pas coopérant.

Lofer avec un spi symétrique.

Les spis symétriques sont conçus pour travailler en "poussé", plein vent arrière, la voile est décalée au vent grâce au tangon. Ainsi, elle est mieux exposée au vent, loin des tourbillons de la GV.

Cependant, lorsque vous devez lofer, vous pouvez régler votre spi symétrique pour qu'il fonctionne un peu comme un asymétrique. Commencez par orienter le tangon vers l'avant avec le "bras de tangon" et tendez-le vers le bas à l'aide du hale-bas de tangon. Ensuite, prenez le barber au vent à fond et relâcher le barber sous le vent.

Orienter le tangon vers l'avant, place le point d'amure du spi dans l'axe du bateau, comme le ferait un bout-dehors. L’action de baisser le tangon tend le guidant pour qu'il fonctionne comme le bord d'attaque d'un spi asymétrique. Plus votre angle au vent est serré, plus le tangon doit se rapprocher de l'étai. Mais attention, il faut contrôler le tangon avec le "bras"pour l'empêcher de s'écraser sur l'étai même sous l'effet d'une rafale.

Une fois que le tangon est correctement positionné, bloquer le bras de tangon au winch ou au taquet. Vous pouvez dorénavant utiliser ou régler la voile comme un spi asymétrique. Relâchez l'écoute jusqu'à voir le guindant se déventer, puis bordez un peu pour le regonfler. Si vous le bordez le spi symétrique au plus serré, il agira presque comme un code zéro. Le spi symétrique est une voile très polyvalente.

Naviguer très abattu avec un spi asymétrique

Par leur conception, les spis asymétriques sont plus faciles à régler lorsqu'on lofe un peu. Ils sont dessinés pour fonctionner avec un flux d'air laminé comme les voiles plates. Ils sont faciles à utiliser, mais leur forme limite l'angle de descente au point qu'ils supportent très mal le vent arrière. 
Pourtant, quand il est nécessaire de naviguer plus bas que l'angle optimal, il y a quelques réglages simples à adopter. Commencez par relâcher un peu d'amure pour augmenter la longueur du guindant et rendre la forme de la voile plus creuse.

Relâcher l'amure, permet aussi à la voile de tourner autour de l'étai. Alors que le barreur abat, le régleur doit encore relâcher l'écoute de spi ce qui se traduit par encore plus de rotation du spi autour de l'étai. Le spi vient en quelque sorte, au vent, ce qui l'éloigne des tourbillons de la GV, on peut donc naviguer plus abattu.

Cependant dans cette configuration le spi asymétrique est instable, il faudra être réactif et coordonnés à la barre et aux réglages. Il faudra éviter de descendre trop bas, car si le spi se dégonfle il sera long à regonfler correctement. Il faudra lofer et reborder la voile, ce n'est pas un problème en soi, mais c'est à l'inverse de l'effet recherché.

Savoir s'adapter quand les conditions imposent de lofer ou d'abattre avec un voile inapproprié est une compétence bien souvent utile. Parce que chaque bateau est gréé différemment, il faudra s'ajuster aux spécificités de votre voilier. Ces conseils seront utiles pour une première approche, il faudra augmenter vos connaissances à force d'essai sur votre propre bateau.

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Réagir à cet article :
Hugues Bové - 1 semaine
Il serait bien de parler du parasailor, pas mal utilisé hors de france.
RICHARD CALABRIA - 1 semaine
Du bon plein au vent arrière en ne touchant qu'aux bras et aux écoutes : le pied !!
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