La goélette Tara, en mission autour du monde pour sauvegarder le patrimoine maritime

Tara © Fondation Tara

Suite à l'assassinat de Peter Blake, Seamaster-Omega est relégué dans un port de Newport jusqu'à ce qu'Étienne Bourgois, directeur général d'Agnès B. lui donne une nouvelle vie. Aujourd'hui, Tara est un navire scientifique destiné à l'étude de l'environnement.

L'homme a eu vent d'une goélette à l'abandon en Nouvelle-Zélande, jusqu'en Bretagne, où il navigue. Intrigué par la nouvelle, il se rend à Newport avec un ancien capitaine d'Antarctica et découvre ce bateau chargé d'histoire. La veuve de Peter Blake accepte de lui vendre en contrepartie de quoi l'homme d'affaires doit perpétuer le projet qu'avait accompli son mari.

Des racines de navigateur

Etienne Bourgois a 42 ans et est passionné par la voile, que lui a appris son grand-père paternel lors de navigations en méditerranée sur des voiliers qui portaient tous le nom de Tara, nom de la maison familiale dans le film Autant en emporte le Vent. Mais son grand-père n'est pas le seul "voileux" de la famille puisque son oncle n'est autre que Bruno Troublé, ancien barreur pour le baron Bich sur la Coupe de l'America de 1977 à 1983. C'est d'ailleurs lui qui à l'époque organise les épreuves préliminaires, la Coupe Louis Vuitton.

Certes, le directeur général d'Agnès B est marin, mais les pôles, ça ne lui parle pas. Il engage donc une équipe de professionnels, dont la plupart connaissent déjà le bateau. Ils ont fait partie de l'ancienne équipe de Jean-Louis Étienne à l'époque où la goélette s'appelait Antarctica.

Etienne Bourgois

Tara et la première expédition polaire

Le bateau est rebaptisé Tara et une première expédition part pour le Groenland avec des naturalistes. Une deuxième est organisée en Géorgie du Sud puis une troisième en Antarctique. Etienne Bourgois découvre le voyage polaire et surtout le temps qui passe. Un rythme qui tranche clairement avec celui de son poste d'homme d'affaires.

Lorsqu'il rachète le bateau, le nouveau propriétaire sait qu'il n'a pas encore effectué le grand voyage pour lequel elle a été construite : la dérive transpolaire.

De loin, un homme veille sur Tara, un bateau pas comme les autres. Jean-Claude Gascard est un océanographe internationalement reconnu, directeur de recherche au CNRS. Au début de sa carrière, il a eu la chance de se rendre sur la banquise et s'est pris de passion pour ce banc de glace qui s'agrandit et se rétrécit au gré des saisons.

Malheureusement, il manque d'informations. Les rares expéditions se limitent à quelques semaines par an, en avril et en septembre, lorsque la glace est assez épaisse pour qu'un avion puisse atterrir. Si des bouées dérivantes accomplissent la dérive transpolaire et récoltent des informations, cela ne lui suffit pas. Il rêve d'être au cœur de son projet. Il a d'ailleurs failli faire partie de l'expédition sur l'Antarctica avec Jean-Louis Étienne. Il devait gérer le volet scientifique et avait déjà tout organisé. Le bateau devait être pris dans la glace au nord de la Sibérie et en sortir entre le Groenland et le Spitzberg. Mais faite de moyens, la dérive est annulée.

La quatrième édition de l'Année Polaire internationale

Onze ans plus tard, une nouvelle chance s'offre à lui. La quatrième édition de l'Année Polaire internationale se déroule de 2007 à 2009 et la communauté scientifique mondiale décide de financer un programme de recherche de deux ans. Jean-Claude Gascard se voit attribuer la coordination d'un des projets phares, qui réunit dix pays : Damoclès, en rapport avec le danger qui menace la planète. Des budgets lui sont attribués et par l'intermédiaire de Christian de Marliave, spécialiste des pôles, il rencontre Etienne Bourgois en 2005.

Si le chef d'entreprise trouve le délai court, il se rappelle aussi la dimension scientifique qu'il veut donner à son projet. Les deux hommes mettent en place un partenariat qui verra naitre la première expédition de Tara, sur les traces de Nansen : Tara Arctic. La goélette effectue en 2007 la dérive transpolaire, 113 ans après celle de Nansen effectuée en 1893, en seulement seize mois, comparativement aux trois ans du Fram.

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