Pour être vraiment prêt, mieux vaut connaître son bateau, son équipage, son environnement… et soi-même. Voici les points essentiels à garder en tête avant de prendre la mer.
1. Bien connaître son bateau : une question de sécurité
La Division 240 fixe les règles de sécurité pour les embarcations de plaisance de moins de 24 mètres et impose des objectifs de sécurité pour tous les plaisanciers. À bord, une attention particulière est attendue sur les points suivants :
- La coque et les appareils à gouverner
- Les systèmes de propulsion et de mouillage
- Les feux de signalisation
- Les dispositifs d'assèchement
- Le gréement dormant
- Les dispositifs de prévention de chute par-dessus bord
- Le gaz et l'électricité
Ces éléments nécessitent des contrôles réguliers… et une connaissance partagée par l'équipage.
Quand redoubler de vigilance pour éviter les accidents ?
Lors de manœuvres à haut risque :
- Utilisation des cordages, winchs : manipuler les bouts en exposant le bord de la main, pas les doigts. Connaître le nœud de bosse (nécessaire en cas de surpattage) et faire des nœuds d'arrêt aux extrémités des bouts (sauf aux bras et drisse de spi)
- Empannages, changement de voiles, montée au mât : à anticiper, jamais en improvisant.
- Manipulation du mouillage : gants et chaussures fermées systématiques.

En cuisine, même au port :
- Risque de brûlure : tablier ou t-shirt systématique, couverture anti-feu accessible. Préférer une bouilloire avec sifflet non amovible.
Coupures et transpercement : préférer les couteaux à bout rond, particulièrement en navigation
Gazinière sur cardan et ...
- ... serre-casseroles sont indispensables, même sur un catamaran.
En mer, privilégier les cuissons en cocotte-minute fermée, plus sûres.
La mer, cet environnement exigeant :
- L'instabilité du bateau : risque de traumatisme par perte d'équilibre comme par projection violente d'objets = le rangement du bateau en navigation est essentiel
- L'humidité, qui majore le risque d'altération de la peau d'une part, comme le risque de glisser lors des déplacements d'autre part
- Froid, chaleur : risque d'hypothermie (favorisant le mal de mer) ou d'hyperthermie
- Manque de sommeil en période de navigation avec des quarts = danger accru de perte de lucidité dans la prise de décision et d'altération de l'ambiance de bord.
Prévention des chutes :
Quelques principes de bon sens permettent d'éviter l'accident grave :
- Se déplacer avec "une main pour soi, une pour le bateau"
- Repérer les mains courantes, correctement fixées
- Fermer le capot de descente lorsqu'un équipier est sur le rouf
Homme à la mer : prévenir l'irréparable par quelques règles simples
- Interdire d'uriner par-dessus bord
- En cas de mal de mer, toujours s'accrocher
- En présence d'enfants, installer des filets dans les filières
- De nuit comme quand les conditions deviennent difficiles, exiger le port de gilet de sauvetage + harnais et longe, systématiquement accroché à la ligne de vie
Les traumatismes propres à la voile
Les espars (bôme, palan de grand-voile, tangon) sont particulièrement dangereux lors des manœuvres, en particulier par mer formée.
Les principaux risques sont les chocs, entrainant contusions, traumatisme et chute à la mer.
Quelques éléments de prévention :
- Avoir systématiquement une vigilance accrue aux allures de portant et installer une retenue ou un frein de bôme lorsque ce bord est prolongé
- Anticiper la coordination de l'équipage et le sensibiliser à veiller les uns sur les autres, en particulier lors des manœuvres.
- Lors d'empannage sous spi symétrique, veiller à ce que l'équipier n°1 se positionne bien en arrière du tangon, qui peut partir violemment en avant
- Respecter les règles de déplacements sur le pont lors des navigations au près (au vent) et au portant (sous le vent)
Fatigue, stress : les ennemis invisibles
La fatigue diminue la lucidité et la capacité de prise de décision. Elle augmente la prise de risque et l'exposition aux accidents.
Le stress altère la confiance, la résistance et peut être contagieux.
Quelques points de vigilance :
- Se poser la question : Suis-je toujours lucide ?
- Être capable de ralentir ou déléguer pour se reposer
- Garder une vision claire de l'état de son équipage
Le skipper, chef d'orchestre et garant de la sécurité
Avant chaque départ, organiser un briefing complet, idéalement mené par le skipper ou un membre désigné de l'équipage. Ce moment est essentiel pour transmettre les consignes de sécurité, attribuer les rôles à bord, répondre aux questions et instaurer une dynamique d'équipage sereine et responsable. C'est aussi une occasion pédagogique précieuse pour initier les moins expérimentés aux bonnes pratiques de la vie en mer.
Le « Pack de bienvenue à bord » pourra comprendre :
- La présentation du bateau
- Le tour du pont et le rappel des manœuvres délicates
- Les règles de vie et de sécurité
- L'organisation médicale à bord :
- Localisation du sac d'urgence connue de chacun
- Fiche de secours / appel radio accessible près de la VHF
- Gestes de premiers secours (en cas d'hémorragie, d'asphyxie, d'arrêt cardio-respiratoire) à rappeler
- Une pharmacie de bord bien équipée
- Des ressources pour organiser l'assistance médicale à distance (fiches médicales individuelles transmises au Centre de consultation médicale maritime (CCMM) de Toulouse, bilan médical et si besoin conduites à tenir rédigées par son médecin avant le départ, formation médicale hauturière …)
- Requins, raies, murènes, oursins : risques d'envenimation et de traumatisme grave
- Poissons et invertébrés venimeux : vive, rascasse, poisson-pierre, méduse, physalie, cône, pieuvre, etc,
- Risques digestifs : Ciguatera, choléra (en eaux douces)
- Toujours identifier l'animal en cas de piqûre ou morsure
- Identifier les espèces avant consommation.
- En cas de piqûre ou morsure, contacter le centre antipoison.
- Se rendre à l'hôpital local pour un éventuel accès aux anti-venins.
- Reconnaître ses signes de fatigue
- Danger : hallucinations auditives, visuelles = repos immédiat
- Veille, manœuvres, cohésion, repos : un équilibre à ajuster en permanence
- Tous les deux jours, organiser un tour de table de tout l'équipage, qui évoquera à tour de rôle 2 choses positives et 2 choses à améliorer.
- L'instabilité du bateau : risque de traumatisme par perte d'équilibre comme par projection violente d'objets = le rangement du bateau en navigation est essentiel
- L'humidité, qui majore le risque d'altération de la peau d'une part, comme le risque de glisser lors des déplacements d'autre part
- Froid, chaleur : risque d'hypothermie (favorisant le mal de mer) ou d'hyperthermie
- Manque de sommeil en période de navigation avec des quarts = danger accru de perte de lucidité dans la prise de décision et d'altération de l'ambiance de bord.
- Se déplacer avec "une main pour soi, une pour le bateau"
- Repérer les mains courantes, correctement fixées
- Fermer le capot de descente lorsqu'un équipier est sur le rouf
- Interdire d'uriner par-dessus bord
- En cas de mal de mer, toujours s'accrocher
- En présence d'enfants, installer des filets dans les filières
- De nuit comme quand les conditions deviennent difficiles, exiger le port de gilet de sauvetage + harnais et longe, systématiquement accroché à la ligne de vie
- Avoir systématiquement une vigilance accrue aux allures de portant et installer une retenue ou un frein de bôme lorsque ce bord est prolongé
- Anticiper la coordination de l'équipage et le sensibiliser à veiller les uns sur les autres, en particulier lors des manœuvres.
- Lors d'empannage sous spi symétrique, veiller à ce que l'équipier n°1 se positionne bien en arrière du tangon, qui peut partir violemment en avant
- Respecter les règles de déplacements sur le pont lors des navigations au près (au vent) et au portant (sous le vent)
- Se poser la question : Suis-je toujours lucide ?
- Être capable de ralentir ou déléguer pour se reposer
- Garder une vision claire de l'état de son équipage
- La présentation du bateau
- Le tour du pont et le rappel des manœuvres délicates
- Les règles de vie et de sécurité
- L'organisation médicale à bord :
- Localisation du sac d'urgence connue de chacun
- Fiche de secours / appel radio accessible près de la VHF
- Gestes de premiers secours (en cas d'hémorragie, d'asphyxie, d'arrêt cardio-respiratoire) à rappeler
- Une pharmacie de bord bien équipée
- Des ressources pour organiser l'assistance médicale à distance (fiches médicales individuelles transmises au Centre de consultation médicale maritime (CCMM) de Toulouse, bilan médical et si besoin conduites à tenir rédigées par son médecin avant le départ, formation médicale hauturière …)
- Requins, raies, murènes, oursins : risques d'envenimation et de traumatisme grave
- Poissons et invertébrés venimeux : vive, rascasse, poisson-pierre, méduse, physalie, cône, pieuvre, etc,
- Risques digestifs : Ciguatera, choléra (en eaux douces)
- Toujours identifier l'animal en cas de piqûre ou morsure
- Identifier les espèces avant consommation.
- En cas de piqûre ou morsure, contacter le centre antipoison.
- Se rendre à l'hôpital local pour un éventuel accès aux anti-venins.
- Reconnaître ses signes de fatigue
- Danger : hallucinations auditives, visuelles = repos immédiat
- Veille, manœuvres, cohésion, repos : un équilibre à ajuster en permanence
- Tous les deux jours, organiser un tour de table de tout l'équipage, qui évoquera à tour de rôle 2 choses positives et 2 choses à améliorer.
Prévoir également :
Un univers en mouvement :
Humidité, chaleur, instabilité, sommeil perturbé… : le corps et l'esprit peuvent être soumis à rude épreuve.
Une faune et une flore à respecter… et à craindre parfois
En mer chaude notamment, les risques d'envenimation sont réels.
Espèces à surveiller :
Bons réflexes :
Vie en équipage : pour que l'aventure reste humaine
Gérer le sommeil :
Prioriser en mer :
Favoriser la communication :
Cette pratique est un outil simple pour nourrir un climat de confiance.
Ce qu'il faut retenir
Naviguer en sécurité, ce n'est pas juste vérifier une check-list technique. C'est anticiper les risques humains, collectifs, environnementaux. C'est prendre soin de son bateau comme de son équipage, et surtout, garder sa lucidité et son esprit d'équipage dans toutes les circonstances.
Conclusion : Prendre soin de son équipage, c'est aussi bien naviguer
Pour aller plus loin, n'hésitez pas à vous former ou à consulter des ouvrages spécialisés sur la santé en mer.
La mer ne pardonne pas l'improvisation, mais elle récompense la rigueur, la pédagogie, l'attention portée aux autres et à soi-même.
Se préparer à vivre ensemble dans un espace restreint, au rythme des éléments, c'est aussi cultiver une forme d'intelligence collective rare.
En vous appropriant ces réflexes de prévention, vous ne naviguerez pas seulement plus en sécurité. Vous naviguerez plus sereinement, avec un équipage plus solide : un atout précieux en course, et une vraie liberté en croisière.

La mer, cet environnement exigeant :
Prévention des chutes :
Quelques principes de bon sens permettent d'éviter l'accident grave :

Homme à la mer : prévenir l'irréparable par quelques règles simples

Les traumatismes propres à la voile
Les espars (bôme, palan de grand-voile, tangon) sont particulièrement dangereux lors des manœuvres, en particulier par mer formée.
Les principaux risques sont les chocs, entrainant contusions, traumatisme et chute à la mer.
Quelques éléments de prévention :
Fatigue, stress : les ennemis invisibles
La fatigue diminue la lucidité et la capacité de prise de décision. Elle augmente la prise de risque et l'exposition aux accidents.
Le stress altère la confiance, la résistance et peut être contagieux.
Quelques points de vigilance :

Le skipper, chef d'orchestre et garant de la sécurité
Avant chaque départ, organiser un briefing complet, idéalement mené par le skipper ou un membre désigné de l'équipage. Ce moment est essentiel pour transmettre les consignes de sécurité, attribuer les rôles à bord, répondre aux questions et instaurer une dynamique d'équipage sereine et responsable. C'est aussi une occasion pédagogique précieuse pour initier les moins expérimentés aux bonnes pratiques de la vie en mer.
Le « Pack de bienvenue à bord » pourra comprendre :
Prévoir également :
2. Connaître son environnement : le monde marin dans toute sa complexité
Un univers en mouvement :
Humidité, chaleur, instabilité, sommeil perturbé… : le corps et l'esprit peuvent être soumis à rude épreuve.

Une faune et une flore à respecter… et à craindre parfois
En mer chaude notamment, les risques d'envenimation sont réels.
Espèces à surveiller :
Bons réflexes :
Vie en équipage : pour que l'aventure reste humaine
Gérer le sommeil :
Prioriser en mer :
Favoriser la communication :
Cette pratique est un outil simple pour nourrir un climat de confiance.
Ce qu'il faut retenir
Naviguer en sécurité, ce n'est pas juste vérifier une check-list technique. C'est anticiper les risques humains, collectifs, environnementaux. C'est prendre soin de son bateau comme de son équipage, et surtout, garder sa lucidité et son esprit d'équipage dans toutes les circonstances.
Conclusion : Prendre soin de son équipage, c'est aussi bien naviguer
Pour aller plus loin, n'hésitez pas à vous former ou à consulter des ouvrages spécialisés sur la santé en mer.
La mer ne pardonne pas l'improvisation, mais elle récompense la rigueur, la pédagogie, l'attention portée aux autres et à soi-même.
Se préparer à vivre ensemble dans un espace restreint, au rythme des éléments, c'est aussi cultiver une forme d'intelligence collective rare.
En vous appropriant ces réflexes de prévention, vous ne naviguerez pas seulement plus en sécurité. Vous naviguerez plus sereinement, avec un équipage plus solide : un atout précieux en course, et une vraie liberté en croisière.

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