Que vit Pierre-Louis Attwell en course ? Sensations et peur...

La course à la voile, ce sont des performances, des palmarès, de la stratégie, de la technologie, bien sûr. Mais aussi de singulières sensations pour les skippers ! Pierre-Louis Attwell se livre…

Tout petit déjà, Pierre-Louis, Lorientais, fait de la voile avec son père. Passionné, il se forme à la navigation. En 2017, il lance le projet Vogue avec un Crohn. Atteint de la Maladie de Crohn depuis ces 16 ans, il se bat pour mieux faire connaitre ce type de maladies. Aujourd'hui, à 23 ans, à la barre de son Class 40 #135, il prépare déjà sa première Route du rhum… après être arrivé 11e à la dernière Transat Jacques Vabre en 2019.

Pierre-Louis Attwell
Pierre-Louis Attwell

La vue

J'ai un souvenir très précis, et incroyable, quant à la vision. C'était lors de la quatrième étape de la Solitaire du Figaro, en 2018. Je remontais alors vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Et là, j'ai vu la mer devenir fluorescente. Je vous assure : fluorescente. Ça a été d'autant plus surprenant pour moi que la vue n'est pas le sens qui qui me sert en priorité durant les courses, en tous les cas pas autant qu'à terre. Dans une nuit sans lune, par exemple, ça n'est pas elle qui peut m'aider à deviner ce qui s'annonce sur ma route. Alors je sollicite d'autres sens… Bref, dans l'eau, aux abords du bateau, du plancton bioluminescent s'est mis à étrangement éclairer la mer. À voir, j'ai trouvé ça extraordinaire ! D'autant plus que les dauphins se sont invités à cet unique instant : ils nageaient dans cette lumière et devenaient ainsi, eux aussi, phosphorescents… Je suis allé à l'étrave de mon bateau pour admirer le spectacle. Incrédule, je me frottais les yeux, mais non, ça n'était décidément pas du tout une hallucination ! M'accompagnaient bien, des sortes d'étoiles filantes, dans cette vaste mer ressemblant alors à un ciel plongé dans une énigmatique nuit…

Pierre-Louis Attwell
Pierre-Louis Attwell

Le toucher

Ce sens-là, au fur et à mesure de l'implication dans une course au large, procure des sensations de plus en plus abruptes et violentes, je trouve. Dans les premiers jours, le bateau est propre, les vêtements sont encore assez doux, les cordages aussi sont passés à l'adoucissant pour leur conserver une certaine souplesse… Mais progressivement, au fil des jours et des intempéries, le sel, la transpiration viennent changer les choses : tout devient plus rêche, ...

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Publié sur Yacht-Club.com

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