Interview / Que vit Mathieu Claveau en course ? Sensations et peur...

La course à la voile, ce sont des performances, des palmarès, de la stratégie, de la technologie, bien sûr. Mais aussi de singulières sensations pour les skippers ! Mathieu Claveau se livre…

C'est avec son père breton et leur premier bateau, un Ovni 25, que Mathieu s'initie à la voile. Autodidacte pour la navigation, il suit des études d'ingénieur en calcul aéronautique à Montpelier. C'est là qu'il commence à régater. En 2008, il se lance dans la course au large. Et en 2019, dans la Transat Jacques Vabre, où il arrive 14ème Class 40 et 1er Vintage.

Mathieu Claveau

La vue

Ce qui me vient en tête, c'est un souvenir de convoyage. Et il n'est pas récent. Mais c'est une image qui m'a marqué. C'était ma troisième course au large sur un mini 6.50. Il s'agissait de l'Hexis Cup Le Grand 8 – Solitaire, une boucle de 300 milles dont le départ et l'arrivée se déroulaient à La Grande-Motte, dans l'Hérault. Elle nous menait jusqu'à la frontière espagnole. Au retour, au passage du Frioul, où il y avait un fort Mistral, j'ai appris que la course était arrêtée… Plutôt que de rentrer, j'ai préféré continuer vers La Grande-Motte pour m'entraîner, face à ce vent très fort. Je ne l'ai pas regretté… Le soir venait alors que j'étais au large de Port-Camargue. Le vent est alors tombé. Juste assez pour que je sorte mon gennaker. La lumière et les couleurs étaient alors magnifiques. Au loin, le soleil, tout doucement, plongeait de plus en plus dans la mer. Le bateau filait tout seul sur une eau claire et orangée. J'avançais à six ou sept nœuds, sans effort. La sous-barde, ce cordage qui retient le bout-dehors vers le bas pour hisser le spi, fendait l'eau tranquillement. Parfois des vaguelettes faisaient taper le bateau légèrement. Ces moments de pleine sérénité, je les adore. De joie aussi, cette fois-ci, puisque j'avais remporté la course !

Mathieu Claveau
Mathieu Claveau

Le toucher

Les voiles, et particulièrement le spi : c'est ça qui me vient en tête immédiatement. Quand on les sort de leurs sacs, on les prend à pleines mains, et on sent sous ses doigts une sorte de tissu craquant. Comme on les sait fragiles, on les manipule avec précautions bien sûr. D'autant plus quand elles sont neuves. Mais c'est important de les toucher aussi pour en estimer l'état, pour repérer des trous éventuels par exemple. Affaler une voile, c'est ...

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Publié sur Yacht-Club.com

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