Aventures et mésaventures en Antarctique : comment éviter d'embarquer sur un voilier mal préparé ?

L'expédition en Antarctique relaté par Dominique en 8 épisodes, complétée ensuite par le témoignage de Sara, met en évidence des problèmes techniques. Nous avons enquêté pour savoir s'ils sont normaux dans ces parties du monde où la navigation est particulièrement rude, ou bien s'ils sont juste déclenchés à la suite d'un facteur (mal)chance de manque de préparation ou tout simplement de négligence ?

Trouver un embarquement pour naviguer à la voile vers l'Antarctique est possible. Ce rêve est accessible. Mais il convient de prendre quelques précautions avant de s'engager à l'aventure sur un bateau que l'on ne connait pas. L'histoire de Dominique, Carole et Sara, contraints de débarquer après un talonnage ayant entrainé une voie d'eau dans une zone hostile, est une expérience riche en enseignements.

Nous avons sélectionné quelques points de problèmes techniques rencontrés à bord pour voir comment ils étaient traités sur d'autres voiliers navigants dans ces contrées éloignées. Les réponses sont souvent édifiantes…

Le plaisir de poser pied à terre en Antarctique
Le plaisir de poser pied à terre en Antarctique

La longueur du mouillage

La goélette utilisée par Dominique avait 50 m de chaine de mouillage. Dans de nombreuses situations celui-ci a semblé bien court. À titre de comparaison, Jean-François Delvoye du chantier Boréal, spécialiste dans la construction de voiliers d'expédition polaire prévoit au moins 100 m de chaine dans la baille à mouillage de ses bateaux, des voiliers en aluminium plus légers qui font pourtant moins de 50 pieds.

Pièces détachées

Naviguer dans les régions reculées comme l'Antarctique, où l'assistance n'est plus possible, oblige à avoir à bord de nombreuses pièces de rechange afin de faire face à toutes les situations d'urgence. Les pièces moteur indispensables vont bien au-delà des "consommables" (filtres/huiles). il est indispensable d'avoir aussi : une pompe de gavage, une pompe à eau-de-mer pour le refroidissement, une pompe de circulation d'eau de refroidissement, un jeu complet d'injecteurs de rechange, un thermostat… Sur la goélette, il n'y avait même pas de filtre à gasoil de rechange. Une pièce qui constitue pourtant la base des pièces mécanique. Un moteur irréparable en Antarctique ou dans les canaux de Patagonie, c'est tout le bateau qui est perdu ! ...

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L Brochard
L Brochard
je ne comprends pas comment ces vaillants calomniateurs si avisés n'ont pas embarqué à bord de Vaihere, que je connnais pour l'avoir croisée à Usuaia ... je suis fatigué de lire ces trucs. En tout cas, je retournerai naviguer dans ces eaux à bord de ce bateau. Et je ne choperai pas la trouille de ma vie, moi. Et je ne ferai pas une série d'articles à sensation pour me dédouaner d'avoir eu peur. On a le droit de baliser, c'est humain. C'est pas glorieux d'abandonner.
L Brochard
L Brochard
.. Je veux dire : à bord de La Cardinale.
Eric Sonabia
Eric Sonabia
Bonjour à tou(te)s. Ici Eric, skipper du Sonabia, basé à Puerto Williams. J'etais au Micalvi quand les protagonistes sont partis... et revenus. Deux ans plus tard je tombe sur ces articles.Sale surprise! J'annonce la couleur. j'ai eu cette année (2022) un équipier psychotique et violent, qui a été évacué en Antarctique. J'ai donc vécu une situation un peu similaire, en tant que skipper, et je n'ai aucune sympathie pour les "rats qui abandonnent le navire" comme dit plus haut. 4 commentaires. 1) Les protagonistes. Bernard est un grand marin, sympa, et il a une expérience incontestable dans le sud. Dominique et Carole font de la croisière sur un voilier familial, rentrant á la maison périodiquement. Résidence secondaire contre vie à la campagne. 2) Les avaries et problémes techniques. Certes, la Cardinale a eu son lot mais il est faux que ces probièmes soient rédhibitoires. Dominique se veut technique mais ses explications sont oiseuses. Un guindeau n'a pas de surampérage parce que le cablage est trop mince, un filtre Racor bouché se nettoie àvec une brosse à dents, le gasoil contaminé se décante par gravité et se récupère,et j'ai souvent vu l'équipage de La Cardinale ramer dans ses DEUX annexes. On peut parfaitement prendre un mouillage à la rame, je sais de quoi je parle.Et surtout une coque acier dont la quille a touché a peu de chances de présenter des "dommages structurels" (contrairement à un batau polyester où la quille est rapportée).Bref une dramatisation qui ne convainc pas. 3) Les justifications mensongères. Abandonner un bateau est chose grave. Les gens qui le font ressentent le besoin de se justifier en accusant le bateau ou le capitaine. Dominique le fait avec une fausse technicité, Sara le fait en ignorante des choses de la mer, par des commentaires fielleux, sous-entendant entre autres que Bernard est gâteux. Mais LES FAITS DONNENT RAISON À BERNARD. Ils ont ramené la Cardinale à bon port, à trois. 4) La campagne anti-voiliers et pro croisières. Je respecte les bateaux de croisière, qui répondent à un besoin commercial en essayant de préserver l'environnement. Aucun doute sur le professionalisme des équipages. Mais la pollution et la perturbation de la vie animale sont affaires de taille des bateaux et de nombre de passagers quelles que soient les précautions prises J'ai vu des dizaines de passagers débarquer dans des Zodiacs surpuissants, J'ai observé à distance le ballet des grands bateaux attendant leur tour pour débarquer. J'ai assisté au manège d'un bateau de croisière poursuivant deux (2) baleines dans le détroit de Gerlache pour distraire les passagers. Les règles des TAAF (qui délivrent les permis) sont nécessaires mais elles ne suffisent pas. La seule façon de laisser les animaux en paix serait de contingenter, mais il est plus simple de taper sur les voiliers: moins d'intérêts en jeu. Alors, simplement, que les voiliers respectent les règles des TAAF et prennent exemple sur le Vahiere. Et messieurs les journalistes, un peu moins de sensationnalisme et plus d'objectivité.
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