Interview Fondation Bénéteau : "Nous sommes à la recherche de concepts forts !"

Cyril Sancereau © Alan Carville

Cyril Sancereau est un photographe français, ayant suivi un cursus d'architecture et diplômé de l'École des Beaux-Arts de Rennes. Il est désormais spécialisé en photographie architecturale et de paysage. Il organise également depuis 6 ans le concours d'architecture de la Fondation Bénéteau.

Qu'est-ce que la Fondation Bénéteau ?

La Fondation a été créée en 2005 par le Groupe Bénéteau et s'engage pour la protection de l'environnement, la valorisation des savoir-faire et des patrimoines de la plaisance, ainsi que pour l'innovation, dans le monde du nautisme comme de celui de l'habitat de loisirs. Depuis sa création, elle a soutenu 21 projets, contribué à la création d’une entreprise et organisé six concours architecturaux.

Pouvez-vous nous présenter le concours d'architecture de la fondation ?

Le concours a été créé en 2010, il fête sa 8e année en 2018. C'est un concours d'architecture destiné à des étudiants d’écoles d’architecture, d’ingénierie, de design et d’art. À la base, nous avions créé ce concours uniquement pour des élèves d'écoles d'architecture française. Aujourd'hui, nous avons élargi notre cible avec un concours européen. L'idée est de proposer des concepts en rapport avec l'environnement et l'innovation.

Comment sont déterminés les thèmes ?

Chaque année, la Fondation détermine un thème et un sujet que je diffuse auprès des écoles. Avant les sujets étaient larges, car on considérait que la Fondation devait promouvoir l'innovation et la créativité. On travaillait beaucoup sur des projets d'architecture terrestre, thème très étudié en école d'archi. Mais depuis deux ans, on a décidé de recentrer le concours sur les activités du Groupe Bénéteau, à savoir la voile, le moteur et l'habitat de loisir. Chaque année, on choisit un thème en rapport avec l'un de ces domaines. En 2017, c'était le catamaran à voile, en 2018 le catamaran à moteur et l'année prochaine l'habitat de loisirs.

En fonction du thème, nous nous rapprochons de collaborateurs du Groupe du domaine concerné pour choisir le thème et écrire le sujet.

Comment les étudiants prennent connaissance du concours ?

Le thème du concours est ensuite diffusé auprès des écoles d'architecture, sur des sites spécialisés ou via Facebook. Aujourd'hui plusieurs écoles l'intègrent à leur cursus. Ça fait partie d'un projet d'école. L'objectif c'est de diffuser le plus possible pour que le plus d'étudiants soient au courant.

Comment participer ?

Il suffit de s'inscrire sur le site du Groupe Bénéteau dans la rubrique Concours. Les élèves ont 8 mois pour présenter un projet, de manière individuelle ou collective. Ils sont d'ailleurs souvent en groupe. On leur laisse un temps volontairement long, car toutes les écoles n'ont pas le même planning.

J'effectue ensuite une pré-sélection des dossiers, que je répartis en 3 groupes. Ils sont ensuite tous présentés devant un jury de professionnels, composé de membres du Groupe Bénéteau, mais aussi de personnalités extérieures comme des architectes et des journalistes qui vont pouvoir porter un regard différent sur les projets.

Depuis 2017 on invite également les lauréats de l'année précédente à être membres du jury de l'année en cours. D'une part pour garder le lien et d'autre part pour avoir un regard plus jeune sur ces projets que l'on reçoit.

Combien recevez-vous de projets ?

Dans le domaine du nautisme, c'est plus compliqué. L'année dernière, j'ai reçu 48 projets (pour 108 étudiants). L'année d'avant, j'avais reçu 136 projets. Le concours portait sur un quartier flottant, un domaine que les étudiants ont plus l'habitude de travailler en école. On essaye néanmoins de pousser le design de bateau, d'aider un secteur où les écoles ne sont pas très présentes. On reçoit généralement entre 50 et 150 projets chaque année.

Comment gagner le concours ?

On récompense les concepts novateurs. L'aspect purement technique ou économique n'est pas l'objectif. Le but est de trouver de nouveaux concepts, novateurs et différents. Ce n'est pas un concours d'idées, mais un concours de concepts forts. On sait qu'on ne fera pas de prototype derrière, mais on privilégie les concepts qui pourraient donner des idées pour la future création de bateaux. Il faut quand même que les concepts puissent exister en théorie, mais au stade de l'esquisse. On peut par la suite imaginer un travail avec des ingénieurs.

3 lauréats sont retenus sur classement et touchent une récompense financière :

  • Premier prix (6 000 €)
  • Deuxième prix (4 000 €)
  • Troisième prix (2 000 €)

C'est une aide financière pour leurs études. Ils doivent souvent la partager puisqu'ils concourent majoritairement en équipe. Ils ont libre choix de l'utilisation de leur prix. En 2017, on a eu deux premiers prix et un deuxième prix. C'était exceptionnel ! Un en équipe et un en individuel. On lance le concours suivant à la remise des prix.

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