Web série Notre vision du "bateau idéal" : le cata à moteur !

Dominique Montesinos vient de troquer son catamaran à voile pour un modèle à moteur. Il raconte cette mutation dans un livre "La belle et le bouchon gras". Dans ce troisième épisode extrait de son livre, il nous raconte la recherche du bon catamaran à moteur, celui qui répond à tous ses critères.

Notre vision du "bateau idéal" : C’est un catamaran. Forcément.

Pour un ensemble de raisons dont la première est la stabilité au mouillage.

Étant donné que c’est dans ce mode de fonctionnement que nous passons la majeure partie de notre vie, la faible sensibilité au roulis est un élément majeur. Et puis, question habitabilité, espace disponible et confort à bord le catamaran s’est imposé comme le meilleur compromis. Cependant, je reste persuadé que l’on peut faire quelque chose de très intéressant avec une base trimaran.

Nous avons exclu cette voie, car Malou n’aime pas…

L'Etoile de Bob Escofier, une belle réussite mais inabordable en prix...

Cahier des charges

Ce bateau n’a pas de mât, non plus qu’aucune autre protubérance aérienne qui puisse augmenter le fardage (surface frontale occasionnant une résistance à l’avancement), au détriment du confort et des qualités marines.

Il tire l’énergie nécessaire à la vie à bord de sources renouvelables : panneaux solaires et éoliennes.

Il a une autonomie transocéanique. Car j’aime plus que tout le sentiment de liberté qu’inspire un bon canote capable de se rendre de manière autonome presque partout dans ce monde. Le "presque" excluant principalement les hautes latitudes et les lieux extrêmes dont nous ne sommes pas friands préférant la douceur tropicale.

Pour des raisons de coût d’utilisation (et d’acquisition), nous avons décidé de ne pas excéder 15 mètres de longueur hors tout, et pour des raisons de confort à la mer et de sécurité, nous avons fixé la limite basse à 13 mètres.

Lady B

Un cata à moteurs thermiques

La solution technique retenue pour la propulsion est celle des moteurs diesels avec lignes d’arbre, car c’est une voie parfaitement connue et maitrisée.

Deux moteurs sont installés de manière à pouvoir opérer chacun leur tour.

Cette disposition permet de réduire la consommation de carburant et d’avoir, en permanence, un des moteurs qui est disponible pour inspection et maintenance.

Une vitesse de croisière de huit nœuds est obtenue en faisant tourner un seul des deux moteurs à 65% de son régime maxi. Dans cette configuration, le bateau naviguera à 8 nœuds en régime de croisière et ne dépassera pas 12,5 nœuds, à fond ! (Nous reviendrons dans un prochain sujet sur la mise au point de ces moteurs et le choix des hélices).

Lady B
Lady B attendant patiemment à tortolat après huit années de charter

La perle rare

Mais comment l’acquérir ? Pas facile… Il en existe de très rares unités sur le marché de l’occasion, et ce sont des bateaux de grandes tailles, construits à l’unité et présentant des originalités qui les rendent souvent difficiles à revendre.

Aucun constructeur de bateaux de série ne propose ce type d’unité pour le moment.

Ce qu’on peut trouver de plus approchant, ce sont des catamarans, certains à voile, d’autres à moteurs, dont l’architecture et le design autorisent une mutation en trawler, moyennant des transformations plus ou moins considérables.

C’est-à-dire :

  • soit l’ablation de tout ce qui sert à la propulsion vélique après acquisition d’un voilier,
  • soit la dépose de tout ce qui est "anti-marin" dans le cas d’un "power cat".

C’est cette dernière solution que nous avons choisie.

Pourquoi ne pas transformer un voilier ?

Nous avions préalablement étudié avec attention le cas de certains voiliers potentiellement compatibles, mais aucun "coup de cœur" n’a fait giter la balance en leur faveur.

Il faut dire que l’idée d’acheter un bateau, pour une somme d’argent considérable, et ensuite de commencer par le dépouiller de tout un tas d’éléments (mât, gréement, accastillage, ailerons anti-dérive…) jusqu’à se retrouver propriétaire d’une sorte de "chantier de démolition" et d’un fagot de bazar sur le quai que l’on va tenter de refourguer pour le dixième de sa valeur… C’est le genre de projet qui demande une grosse motivation.

Par contre, techniquement, c’est une solution tout à fait viable, à la condition de revoir sérieusement toute la chaine des éléments de propulsion.

Travailler à partir d'une base d'un catamaran à moteur

En partant d’un "power cat", les choses sont sensiblement différentes, même si les processus se ressemblent étrangement.

Dans ce dernier cas, nous aurons systématiquement des moteurs beaucoup trop puissants, avec le corolaire : trop gros, trop lourds, trop gourmands et trop chers à l’utilisation.

Ainsi qu’un fardage bien souvent aussi laid que nuisible, grâce à ces espèces de toit-terrasses dont sont en général affublées ces unités…

À cause de ce dernier point, il m’aura fallu de nombreux mois de "réflexion" avant de parvenir à envisager notre projet sur ce genre de base.

Lady B

La Lady B !

Au final, l’objet de notre choix s’est porté sur un "Moorings 474 PC".

Ce modèle de catamaran à moteurs était développé et fabriqué dans le chantier Robertson&Caine de Capetown à l’attention de la société Moorings qui en exploite une flotte conséquente dans sa base de Tortola dans les iles Vierges, puis les revend après six ou sept années d’exploitation.

Parenthèse : une grande partie de la flotte a été détruite en 2017 par le cyclone Irma. Beaucoup de bateaux ont été déclarés "épave". Je suis persuadé qu’il existe des unités susceptibles de faire l’objet d’un refit tel que décrit ci-après, à des conditions avantageuses…

Un achat négocié

Ayant consacré une bonne partie de ma vie professionnelle à construire des bateaux de mes mains, avec l’aide de Malou, puis une autre partie, plus longue encore, à manager des gens qui ambitionnaient d’en faire autant (mais sans l’aide de Malou…), et forts de ce que notre budget était un peu étriqué pour un tel projet, notre choix s’est porté sur cette pauvre Lady qui comportait de nombreuses séquelles de ses années de dur labeur en charter…

Préalablement à son acquisition, je pris ma casquette d’expert et entrepris de débusquer et de lister les vices plus ou moins évidents affectant la belle. Cette liste nous apporta des arguments de poids, que Malou sut exploiter habilement, pour nous permettre d’acquérir notre Lady à sa juste valeur, c'est-à-dire beaucoup moins cher que ce que revendiquait son propriétaire.

Ainsi, nous avons adopté "LADY B", à Tortola, dans les British Virgin Islands (BVI). Une belle dame qui se nomme désormais "Lady’t Bee" suite à un sombre jeu de mot...

 

Dans l'épisode suivant, l'auteur nous explique comment il a réalisé une cure d'amaigrissement à son Léopard 47 PC.

Vous pouvez retrouver le récit complet de Dominique Montesinos dont est extrait le texte ci-dessus, sur www.librinova.com, "La belle et le bouchon gras".

Leopard 47 PC, la fiche technique

MarqueRobertson and Caine
Longueur hors-tout15.00 m
Longueur de coque14.38 m
Largeur7.57 m
Nombre de moteurs maximum2
Voir la fiche technique du Leopard 47 PC
Reportage : La belle et le bouchon gras

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